Loretta Banana

Badineries

L’invité indésirable, ou comment je lutte contre mon PMS

[Cet article a été écrit sous l’influence dudit PMS]
Aujourd’hui je voudrais vous parler d’un sujet qui a été maintes fois évoqué, mais qui concerne tout de même une très grande partie de l’humanité. Un sujet qui peut rendre encore et malheureusement parfois honteuse (car il s’agit d’un sujet féminin, et vous me voyez donc venir…), déprimée, énervée, anéantie, qui cause des douleurs corporelles parfois intenses pour certaines, des “mini” dépressions pour d’autres, et parfois rien de tout cela. En somme, je voulais vous parler de cycle féminin, de menstruations, et de tout ce qui régit notre utérus une fois par mois.

Alors je vous avertis illico : je ne vais pas réinventer la roue ici, hein, qu’on soit bien clair. Je ne compte pas vous parler des endroits du globe qui excluent les femmes lorsqu’elles ont leurs règles parce qu’on les estime impures (même si j’en aurais bien envie, mais ce n’est pas le sujet), ni même de la taxe rose (ou “women tax“) pour parler du budget CONSIDERABLE que les femmes doivent consacrer à cet impératif naturel qui est le leur. Non, ma simple prétention ici est de partager avec vous quelques conseils qui m’ont été donnés, mon expérience et tout ce que j’ai mis en place pour rendre ces quelques jours un peu plus doux. J’ai donc scindé le sujet en deux articles distincts : le PMS puis les règles. Voici donc le premier volet.

LE SYNDROME PRE-MENSTRUEL (OU PMS/SPM)
Tout d’abord, mesdames messieurs, j’aimerais vous parler de cet individu qui tape l’incruste alors qu’on ne l’a pas sonné – un peu comme ce pote de votre mec qui se pointe à l’improviste, toujours les mains vides, et déballe des réflexions machistes devant vous -, j’ai nommé : le PMS (ou “SPM” pour Syndrome Pré-Menstruel, en français).

Ahhhh le PMS, rien que son nom donne l’impression de parler d’une maladie vénérienne, et dieu sait que ce pourrait être le cas, tellement il emplit de rage à chaque instant de sa visite. Pour celles mais surtout ceux qui ignoreraient de quoi il s’agit, c’est le terme utilisé pour parler du syndrome prémenstruel, parfois encore relégué dans les livres de contes et légendes, alors que je constate que bon nombre de femmes (pour ne pas dire toutes) en sont victimes autour de moi. Il apparait principalement AVANT les règles (mais, spoiler alert : il peut aussi débouler APRES, j’ai fait sa connaissance il y a peu, même mon gynéco ignorait que ça existait !), et pour ainsi dire, il peut pourrir littéralement la vie de sa victime de 1 à 2 jours avant les règles et jusqu’à parfois 15 jours (juste après l’ovulation). En grande veinarde que je suis, le mien correspond PILE à ce second scénario. Livin’ la vida loca m’a dit un jour Ricky Martin.

Lorsque je le ressens, c’est un peu comme si j’étais un gremlins et qu’on m’avait déversé un seau d’eau sur le museau et donné à manger après minuit (si vous n’avez pas la référence, je ne puis rien pour votre âme) : je ne contrôle plus rien et mes émotions partent à vaux l’eau. Mes sentiments se décuplent (et quand je dis “se décuplent” je pèse mes mots : je peux vider tout mon liquide lacrymal juste parce que mon chat a déversé sa litière sur le carrelage). Ou alors, avoir des envies meurtrières de type mettre le coeur de mes victimes dans mes piluliers vintage, un peu comme la méchante reine dans Blanche-Neige (mais promis, je ne suis jamais allée jusque là car mon âme est pure, le reste du temps – ou presque).

Si vous vous reconnaissez là-dedans, alors déjà, vous avez toute mon amitié sincère et mon soutien, car BORDEL, pardonnez mon langage peu châtié, mais ces émotions envahissantes peuvent vraiment finir par peser sur le moral et le physique, voire même causer de sévères états dépressifs récurrents (et ceci a un nom : le trouble dysphorique prémenstruel). Pour ma part, son intensité peut varier d’un mois à l’autre, mais il m’est déjà arrivé de me sentir profondément triste, de perdre tout intérêt pour les choses que j’aime et d’être plongée dans une lassitude voire un dégoût de moi-même (pour ne citer que cela). Il n’est pas rare aussi que je me sente rapidement débordée dans les tâches que j’ai à effectuer, que je sois dénuée de toute motivation, que je traîne des escarpins, en somme. En d’autres termes, ces jours me donnent le sentiment d’être la dernière des imbéciles, que le Jiminy Cricket qui habituellement me donne des conseils si bienveillants sur mon épaule, s’était métamorphosé en Hannibal Lecter miniature, à me susurrer plus de méchancetés et d’inepties qu’en contient un épisode des Anges de la téléréalité.

Et puis comme si ça n’était pas suffisant, ce charmant symptôme s’accompagne parfois et indistinctement selon les femmes, d’autres troubles tels que la poitrine douloureuse, les jambes lourdes, des troubles de l’attention, des bouffées de chaleur, une fatigue intense chronique… La liste est longue et totalement imprévisible selon chacune d’entre nous et sensible à variations d’un mois sur l’autre. (Je tiens aussi à préciser, que certaines femmes ne le ressentent jamais, ou très peu. Il semblerait qu’il soit plus virulent à mesure que l’âge avance – ce qui s’est confirmé sur moi – et il peut aussi être en veille si par exemple, vous prenez la pilule…)

Toutefois, bien qu’il n’y ait malheureusement pas de recettes miracles (sinon ça se saurait), il existe quelques petites astuces, dont certaines que j’ai mises en place, pour combattre ce fichu syndrome indésirable. Je ne me prétends pas médecin ni naturopathe ou quoi que ce soit d’autre, ces conseils sont les miens, mais ils fonctionnent plutôt bien pour limiter la casse mais il convient surtout de les moduler à votre convenance et surtout selon votre corps et vos dispositions.

Les compléments alimentaires (gélules d’onagre, magnésium, vitamines…) :
ça n’a l’air de rien dit comme cela, mais si votre corps est en manque de magnésium par exemple, les symptômes n’en seront que plus virulents. Le magnésium ne doit pas être consommé en continu et de manière excessive, mais procéder à une cure ponctuelle, en fonction de vos symptômes et de la carence que vous ressentez peut s’avérer très bénéfique. Cela a été mon cas, et je remercie d’ailleurs ma camarade de plumes, Amélia Lobbé, psychologue de son état, qui me l’avait conseillé. Vous pouvez d’ailleurs lire ses astuces (très détaillées) sur le sujet sur son blog ici.

Outre donc le magnésium, je complète aussi souvent avec des mélanges de vitamines qui boostent mes défenses immunitaires (car lorsque je tombe malade, c’est toujours à ce moment-là…) et m’aident à garder le cap.

Depuis plus d’un an, j’utilise aussi un complément naturel qui a “révolutionné” mon cycle. C’est mon amie Yasmine qui m’en avait parlé, et si j’étais dubitative au départ, je n’ai pu qu’admettre son efficacité sur le long terme : les gélules d’onagre. Là, l’effet se ressent plutôt (voire même carrément pour ma part) pendant les menstruations (qui me sont habituellement extrêmement douloureuses, il peut même m’arriver de vomir ou d’être alitée le premier ou le deuxième jour). Il convient, pour un maximum d’efficacité, d’en prendre 3 par jour pendant les 10 jours précédents les règles et c’est grâce à celles-ci que mes cycles deviennent plus acceptables. Mais il suffit que je les prenne mal ou pas suffisamment pour que mon cycle, devenu presqu’un long fleuve tranquille, ne se transforme à nouveau en redoutable fleuve du Styx !


Le sport
J’ai bien conscience qu’en phase de PMS voire même de règles, l’envie de bouger se situe au niveau zéro de la motivation. Parce que tout ce cycle provoque fatigue et irritabilité, mais aussi parce que j’ai bien souvent le moral au fin fond de mon porte-jarretelle, j’ai plutôt tendance à regarder Mad Men en boule sous un plaid plutôt qu’à aller suer ce qu’il me reste d’énergie dans une salle retapissée par la transpiration d’autrui. Pourtant… je remarque que lorsque je me fais violence pour aller au sport, la combinaison d’endorphines et d’effort physique me procure un sentiment de bien-être (comme ça l’a été ce mois-ci) et m’aide à évacuer mes tensions, mon irritabilité et à passer ces quelques jours sans trop de heurts. Et lorsque mes règles sont imminentes, une séance de sport (cardio j’entends – ça n’a jamais marché en danse, yoga ou autre) permet de les déclencher – en tout cas en ce qui me concerne – et ainsi d’en finir avec le PMS ! (Je ne sais pas vous, mais cette période de latence a le don de profondément m’agacer, alors je préfère souvent en finir une fois pour toutes !)


L’alimentation
Qui dit PMS ou règles, dit envie de gras, de chocolats, de sucres et nourriture pas forcément super saine (en tout cas pour moi). Pourtant, limiter ces aliments au profit de fruits, légumes et bien s’hydrater permet de préparer le corps au cycle et de le garder alerte tout en lui évitant en plus de devoir se débarrasser des graisses saturées et autres protéines animales qui ne sont pas toujours bien assimilées et qui lui demandent un travail supplémentaire (en plus du cycle menstruel).

Je ne vous garantie pas que je m’y tiens à la lettre à chaque fois, mais j’essaie autant que possible, en favorisant des fruits et légumes que j’aime, en particulier pour mes fringales. Je choisis donc des fruits gorgés de vitamines et qui me procurent du plaisir lorsque je les consomme : kiwis, clémentines, bananes… Si vous le pouvez, privilégiez donc une alimentation à dominante végane (à condition de manger équilibré) car beaucoup plus facile pour le corps à éliminer ce qui lui permet d’être dédié uniquement au cycle des menstruations.


Enfin, mon dernier conseil est d’évacuer.
Non, pas d’évacuer les résidents de votre immeuble ou de votre travail lors de votre SPM, même si j’ose imaginer que la fumée qui s’échappe de vos narines à la moindre contrariété en mode dragon de la belle au bois dormant a dû en faire palpiter plus d’un.e (je parle en toute connaissance de cause). Pourtant, je trouve que parler et dire que “non, ça ne va pas aujourd’hui“, et juste expliquer qu’en ce moment, et bien, ce n’est pas le “bon” moment pour cette raison précise, ça permet aussi aux autres de comprendre vos éventuelles réactions et de ne pas vous en tenir rigueur. Cela peut aussi expliquer pourquoi vous n’êtes pas “dedans” au travail, permettre à vos proches de vous rassurer et ainsi vous aider et vous soutenir au mieux pendant ces jours pas très rutilants.

Nous avons la chance d’être tout de même dans une époque bien plus compréhensive qu’autrefois, et ce qu’on faisait passer pour de l’hystérie en 1800 et vous faisait vous retrouver internée en moins de temps qu’il n’en faut pour dire “plein la cup”, à la Salpêtrière avec Charcot (je lis un bouquin d’ailleurs fascinant sur ce sujet dont j’espère vous parler bientôt) peut être simplement réglée (c’est le cas de le dire) en s’exprimant aussi simplement que cela. En tout cas, la part de Drama Queen qui sommeille en moi a toujours besoin de théâtraliser cette période pour mieux la faire passer ! Autrement, je serai prête à arracher plus de chair que dans un épisode de The Walking Dead, (et Dieu sait pourtant que je suis végétarienne !)

Le second article aura donc pour vocation de parler de protections périodiques non toxiques pour soi et la planète mais également de contraception et de règles. Tout un programme ! En attendant, je vous laisse avec cette vidéo de 1946 (dont quelques unes des illustrations de ce post sont extraites) de près de 10 minutes, découverte parfaitement par hasard et créée par Walt Disney pour expliquer les menstruations aux jeunes filles. Bien qu’elle ne soit pas parfaite (loin s’en faut), elle a au moins le mérite d’exister et de mettre le doigt sur le sujet à une époque où tout cela était encore très tabou. Bon visionnage !

“Tu veux un tire-baba ? J’en ai des tas !”

(Pour tous ceux qui n’auraient pas compris mon titre d’article, je vous invite à réparer l’irréparable : je vous prescris une diffusion immédiate du dessin animé de Disney La Petite Sirène et de chanter 3x de suite “sous l’océan”).

Pour les autres (les vrais), vous aurez bien sûr compris la référence ! Je partage en effet un gros trait de caractère de la sirène de Disney, la jolie Ariel. Savez-vous lequel ? Il est pourtant à contre-courant de la tendance actuelle qui est au minimalisme poussif, au rangement millimétré dont on apprend tous les rudiments jusqu’à même nous faire des tutoriels sur Netflix… Je n’ai rien contre cela, j’aimerais même être un peu plus détachée de tous mes objets, mais il n’y a rien à faire : je suis une collectionneuse !

Certes, j’aime que mon intérieur soit rangé, mais dans un désordre apaisant ! Le minimalisme m’effraie et j’ai besoin, pour me sentir bien, créative et sereine de m’entourer d’objets, tant par la valeur sentimentale, mystique ou simplement esthétique qu’ils dégagent ! ✨

J’aime les contempler, parfois, un instant, en les croisant du regard, en faisant autre chose, en travaillant ou en vaquant à d’autres occupations. Aussi, il est inconcevable pour moi de trier pour ne garder que le plus basique, puisque c’est le cabinet de curiosités que je me suis créé qui me permet de laisser mes pensées vagabonder.

Je rêvais depuis longtemps de m’offrir un set vintage de brosse et miroir à poser sur ma coiffeuse, mais les prix de ceux proposés sur Etsy ont failli me filer une syncope ! Puis le miracle Vinted a fait son oeuvre, et pour quelques euros, une jeune femme me laissait acquérir une infime partie de la vie de sa mamie. Ce qui me plait le plus, dans l’idée de donner une existence nouvelle à des produits anciens, consiste à les intégrer à ma vie d’une manière nouvelle, sans oublier qu’ils ont, eux aussi, leur vécu.

J’aime imaginer qu’un vêtement ou un objet a été témoin d’un moment important, ou a permis par exemple, comme ici pour ce set de coiffure fabriqué en Angleterre, a une dame de se sentir jolie, il y a quelques années auparavant. Qu’il a peut-être orné, lui aussi, la coiffeuse de cette dame, et peut-être même qu’il lui avait été offert par quelqu’un de proche.

J’aime l’idée d’imaginer la vie antérieure de mes trouvailles et leur offrir une nouvelle existence. Je trouve que cela a un côté magique ! Et vous, êtes-vous plutôt collectionneur ou minimaliste ? 💕✨

Eloge de la féminité : partie 1

Ahhh, la féminité ! Un grand mot qui résonne presque parfois comme un gros mot. Je m’attèle ici à un sujet qui n’est pas des plus simples à traiter (et que j’espère exprimer comme il faut), mais pourtant je me sens légitime à l’effleurer, ne serait-ce que par ces quelques lignes, tant il me fait autant de bien, mais parfois aussi un peu de mal, quand j’y pense.

Récemment, une amie qui m’est chère, Laëtitia du blog Eleusis & Megara, postait sur son Instagram une très jolie photo d’elle sur laquelle elle portait une robe rouge extrêmement féminine, puis elle s’interrogeait sur la question de la féminité dans sa légende, expliquant qu’elle avait parfois du mal à l’assumer et l’extérioriser notamment avec ce genre de vêtement, un peu trop glamour et qui passe difficilement inaperçue. Puis elle parlait ensuite de moi, et de ma façon d’assumer mon style et ma personnalité qui, il est vrai, est assez féminine. J’ai bien sûr été très touchée, mais bien qu’aujourd’hui cela paraisse assez naturel aussi bien pour moi que vis à vis des autres, cette manière de vivre ma propre féminité n’a pas été toujours aussi simple. J’aurais plutôt tendance à l’expliquer comme un chemin de croix, et c’est la raison qui m’a poussée à écrire ce post que je préfère scinder en plusieurs parties pour en faciliter la lecture.

Être féminin.e

Car oui, on dit bien “être féminine”, pour parler d’une femme coquette, mais jamais “d’être féminin”. Pourtant, je ne trouve pas cela si saugrenu que cela de vouloir l’employer au masculin. La féminité n’est à mon sens, pas réserver à un genre (et tant pis si ça dérange la bienséance), et un homme a parfaitement le droit de vivre sa féminité, qu’elle soit extrêmement édulcorée ou complètement assumée.

Pour autant, même du côté des femmes, la féminité fait peur.

Elle effraie. Autant celles et ceux qui la reçoivent, que souvent celle (et surtout celui) qui l’émet. Un peu comme si assumer et accepter cette part de femme faisait appel au pêché originel et rappelait quelque chose de dangereux, de sournois, d’artificiel, d’insoumis. Ou tout au contraire, serait juste là pour satisfaire les désirs de ces messieurs. Et c’est d’ailleurs souvent pour cela qu’elle est aussi souvent opposée au féminisme.

Combien de fois ai-je entendu des raccourcis qui me laissent encore pantoise sur le fait qu’une féministe ne devrait pas (sur)jouer de ses atouts, au risque de desservir la cause des femmes ? Ahem. C’est aussi idiot que de jeter le premier bâton de lipstick à celle qui porte une jolie fausse fourrure pour prouver que l’ont peut faire aussi bien que de la vraie, sans faire de mal. Bref, vous voyez un peu l’idée ? C’est précisément ce dont je veux parler aujourd’hui. Le sujet étant si vaste, j’ai essayé de le disséquer sous différents aspects que je découperai en deux articles, en espérant que cette lecture résonnera en vous et que je ne serai pas trop maladroite dans ma manière de vous l’amener !

De l’importance du Féminin

Une bonne fois pour toutes, faisons fi des genres !
OUI, le féminin est important, et NON, définitivement, NON, il n’a pas à rester cloîtré dans un genre en particulier. Tout autant que chaque femme a le droit de jouer des codes du masculin, le féminin devrait pouvoir être vécu de mille et une manières différentes, à la façon de chaque individu, quelque soit son sexe, sa sexualité, et son envie. Je n’ai pas l’intention de rentrer sur un débat concernant les genres, car ce n’est pas mon sujet ici, mais il me semblait nécessaire de l’effleurer car si pour moi la féminité est une partie essentielle de ma personnalité, je ne jugerai JAMAIS par exemple une femme qui ne souhaite pas exprimer complètement la sienne. Et de la même manière j’encouragerai un homme à l’explorer sans honte, juste pour balayer les frontières aveuglantes du patriarcat et essayer de regarder son style de vie et le monde qui l’entoure avec un regard neuf et différent.

Par exemple, on pointe souvent du doigt les hommes jugés trop sensibles avec ce qu’on appelle communément “leur part de féminité”. Je trouve cela idiot et complètement sexiste, et à mon sens un homme qui accepte sa sensibilité est bien plus un Homme que ceux qui prétendent le contraire. Enfin, avouer sa fragilité n’a rien de honteux, être sensible non plus, et je m’étonne même que le parallèle soit constamment fait avec le terme de “féminin”, car je peux vous assurer que certain.e.s femmes en sont totalement dépourvues ! Ce qui m’amène d’ailleurs au point suivant :

Assumer sa propre féminité

Je vais prendre mon histoire car je n’aurai pas de meilleur verbatim à ce jour !
Depuis toute petite, j’ai toujours fait preuve d’une grande coquetterie, sans que mes parents ne forcent quoique ce soit. Je voulais des jupes qui tournent, des hauts qui dévoilent les épaules “comme la fille dans Zorro” et j’aimais piquer le maquillage de ma mère. Comme beaucoup d’enfants en fait. Puis j’ai vécu une puberté assez précoce : hop, les nichons qui pointent sous mon petit tee-shirt blanc à motif poisson de “petite” fille en CM2, les garçons qui regardent et font des commentaires dans les vestiaires, alors que je joue encore à la marelle. Un peu comme si mon corps de femme apparaissait alors que mon innocence était encore intacte, et mon cerveau incapable de gérer ce changement trop brusque.

S’en suit une puberté extrêmement difficile à (di)gérer, le début de mes anxiétés (que je cachais bien sûr), mon corps qui change, et l’impression d’être un monstre (et je n’exagère pas). A cette époque, je me rappelle très sérieusement me dire que je dois certainement être la personne la plus moche sur terre (j’en rigole maintenant, car bon, la plus moche, faut y aller quand même).

Je finis par me cacher sous des survêtements Kappa abominables (qui à mon grand désarroi, et ça ne regarde que moi, sont remis au goût du jour depuis peu) et je rejette toute sorte de féminité en moi. Ce petit manège dure quelques temps pour finalement laisser place à une féminité dépoussiérée, que j’apprends à redécouvrir. Je ne gère plus les codes de féminité que j’avais trop longtemps laissés au placard, mais je me rappelle être fascinée par les stars Hollywoodiennes d’antan et leurs chevelures crantées (certaines choses ne changent pas !).

Britney et X-tina sortent de l’ombre et soudain, je sens cette petite lueur se réveiller en moi. Bien sûr, ça n’a pas été toujours du meilleur goût et immédiat, mais c’est ainsi que ma féminité a commencé à se (re)faire une place dans mon dressing, puis dans ma salle de bains. Doucement, les joggings informes ont laissé place à des pantalons plus étroits, jusqu’à finalement laisser la place à la Femme que je suis devenue, sans honte, sans forcer. Pour autant, je n’arrivais pas à trouver exactement mon style, jusqu’à il y a 4 ans environ. J’étais trop absorbée par ce que les diktats, la mode et la société voulaient bien me faire porter, et j’avais du mal à trouver où épancher ma soif de rétro, de glamour, ni comment la porter !

La peur. La peur d’être “trop”. “Trop” féminine, “trop” apprêtée, “trop” différente. Trop, trop trop.

On y revient toujours… Cette peur injustifiée et qui fait que l’on se gâche, si souvent. Mais c’était sans compter sur ma personnalité de fille têtue, qui ne lâche pas de si tôt son but. J’ai mis de côté ces petites voix qui m’empêchaient d’embrasser complètement ma féminité, et j’ai appris à cultiver ce style, car même si cela ne fait qu’assez peu de temps que je le porte au quotidien en l’assumant complètement (4 ans ce n’est rien comparé à mon âge canonique), il était latent. Car c’est exactement tout ce que j’ai toujours aimé.

Et finalement, cette peur idiote s’est complètement estompée à l’instant où j’ai envoyé valsé mes craintes et où l’envie de m’assumer a pris le pas sur les questionnements. C’était là, petit à petit : le cran, la force d’être qui je voulais, quand je le voulais, et peu importe ce que les gens en pensaient.

Alors bien sûr, se trimballer avec un maquillage de poulette des années 40, en robe fourreau et chevelure bouclée, ça ne passe généralement pas inaperçue. Mais vous voulez que je vous dise ? J’en ai fait mon parti. J’en fais mon affaire, et c’est ainsi que je me sens moi-même, que ça plaise… ou non. (En revanche, croyez-le ou pas mais je me sens mille fois plus déguisée en jeans et Stan Smith ! C’est vous dire ! Pour autant, si vous vous sentez bien avec un survêt’ Kappa, ou avec une couronne de fleurs sur la tête ou que sais-je encore, et que c’est ce qui vous ressemble, alors fichez-vous bien du regard des autres !).

Après tout, on n’a qu’une vie et se priver de choses qui nous font du bien pour la seule et obscure raison qu’est la peur des autres, c’est quand même sacrément dommage, non ? Rentrer dans le moule pour s’éviter un ou deux regards insistants ? Très peu pour moi !

Je suis toujours un peu attristée quand je rencontre des jeunes femmes qui, au cours de la conversation, me complimentent sur mon style puis m’avouent ne pas oser par peur du regard des autres… Je les comprends, bien sûr, mais j’en suis sincèrement contrariée, également. S’assumer en tant qu’individu n’est déjà pas évident pour bien des raisons, alors sortir du moule signifie se démarquer un peu plus de la foule grise, et donc quelque part s’exposer davantage aux regards, aux commentaires et aux critiques.

Mais à cela je répondrais qu’il faut avant tout être en accord avec soi-même, porter ce que l’on a envie, et s’octroyer le droit (et le devoir vis à vis de soi-même) d’être celui ou celle que l’on veut. Préférez-vous être en accord avec ce que vous êtes ou vous préoccuper de ce qu’un tel pensera dans le métro en vous voyant ? Vous ne le reverrez certainement jamais. Et puis, si ça se trouve, il pensera combien vous avez l’air sensationnelle dans cette robe, non ? Et si ce n’est pas le cas, c’est certainement juste qu’il manque sacrément de goût !

Je vais m’arrêter ici pour cette première partie d’éloge de la féminité et je publierai sans (trop) tarder la seconde partie dans laquelle je m’attacherai à parler du regard des hommes, mais aussi et surtout des femmes. Car croyez-le ou non, je le trouve parfois bien plus virulent et malveillant que celui de ces messieurs. C’est un constat qui m’interroge d’ailleurs sur la sororité et la bienveillance proclamée partout sur les réseaux sociaux, mais qu’on oublie bien souvent très vite dans la réalité. Mais avant de vous en parler, je vous remercie de m’avoir lue, et j’espère surtout pouvoir lire vos réactions en commentaire. Ce genre d’article me prend beaucoup de temps et d’énergie et ces sujets sont sensibles pour moi, alors vous lire me permet aussi de remettre en perspective ce que j’écris, mais c’est surtout un échange.

Merci 

 

Porcelaine

L’autre soir, lors d’un événement festif, une dame fort élégante et apprêtée, m’a au cours de la conversation, complimentée sur ma peau. Etonnée et presque (encore) gênée, je me suis sentie rougir, je lui ai donc simplement mentionné mon fond de teint (un Bourjois sensationnel si vous voulez tout savoir !) et c’est alors qu’elle a insisté en me parlant également de mon cou et de mon décolleté dont elle trouvait la blancheur apparemment esthétique.

Rouge à lèvres : Rouge Baiser – Fond de teint : Bourjois Healthy Mix (teinte Vanille Clair) – Vernis à ongles : Bourjois So Laque (teinte 02) – Blouse babydoll : vintage

Pourtant, je n’avais qu’une obsession pendant mon adolescence : foncer cette peau qui ne correspondait en rien aux standards en vigueur. Sur la plage, j’avais toujours l’impression d’être celle qu’on regardait en se disant qu’elle n’avait pas dû voir le soleil depuis belle lurette, et dès que les beaux jours pointaient le bout de leur nez : hors de question de montrer mes jambes blanches (et les veines qui vont avec, c’est cadeau). Je pouvais même pousser le vice jusqu’à porter des collants chairs plus foncés pour feindre de tromper l’ennemi. Brrrr ! Bref, je n’ai jamais adoré me mettre au soleil (je suis une fille de la lune, c’est tout).

Pourtant, j’adore depuis toujours aller à la plage, sur la côte d’Azur par exemple, et je rêve même d’y couler ma vie future, mais vous ne me verrez jamais jouer les écrevisses en maillot de bain ! Je n’aimais pas ça, n’aime toujours pas, et la nature fait bien les choses puisque cela est certainement dû à la fragilité de ma peau.

A une époque où il est de bon ton de se faire dorer la pilule sur le sable fin et synonyme de gaieté et de bien-vivre, je suis celle qui garde son bikini à l’abri des palmiers (souvent seule, du coup, les autres préférant le soleil ardent), la capeline bien vissée sur la tête et l’écran total toujours à portée de main ! Mais ça n’a pas toujours été comme ça. Oh ça, non, alors.

Cela a commencé subrepticement. Au retour de nos vacances au soleil avec mes parents lorsque j’avais 14 ans, le pilote de l’avion, un sombre idiot, s’était moqué de mon manque de hâle après 15 jours là-bas… A 14 ans, une jeune fille n’a qu’une seule envie : se conformer à ce qui l’entoure, se fondre dans la masse, et qu’on ne lui fasse rien remarquer, surtout s’il s’agit d’une caractéristique physique, d’autant plus si elle est jugée inesthétique. Manque de chance, à cette époque j’étais beaucoup plus ronde que ce que je ne suis aujourd’hui et j’avais le malheur (pensais-je) d’avoir le teint pâle. Autant de choses souvent subjectives, parfois sociétales et profondément personnelles qui peuvent rendre une jeune fille qui se construit extrêmement vulnérable.

Teint de bidet, blanche comme un derrière, sont parmi les délices que l’on entend lorsqu’on n’a pas la carnation de Kim Kardashian… Encore trop jeune pour m’affirmer et par manque de confiance en moi, la riposte n’a donc pas tardé à faire son arrivée, complexée que j’étais par cette peau trop claire, que je n’arrivais pas à appréhender, qui ne correspondait en rien à ce que je pouvais voir autour de moi. J’ai donc pendant un temps, et par souci de conformisme, passé des heures et des jours entiers à bousiller mon capital soleil en m’exposant avec mes copines adolescentes pendant les heures les plus fortes du zénith, “oubliant” même parfois volontairement mon écran solaire pour “bronzer plus vite” et surtout, surtout, revenir avec un joli bronzage en souvenir… Je vous laisse imaginer le résultat après ça, et les conséquences que ces comportements peuvent avoir s’ils sont trop souvent répétés…

Bronzer. Avoir la peau halée chaque jour de l’année. Correspondre aux diktats que la société et les magazines m’imposaient (et continuent d’imposer) et oublier complètement ce que la génétique m’avait offert. J’alternais donc allègrement les autobronzants, puis j’enchaînais quelques séances d’UV par-ci par-là… Ce petit manège a duré quelques temps (heureusement pas assez je crois pour que ma santé ne soit en danger), mais par chance ma mère qui a toujours su m’apprendre à prendre soin de moi et à m’accepter telle que la nature m’avait faite, m’a vite remise dans le droit chemin. Et puis je me suis surtout aperçue d’une chose : je ne me trouvais pas plus jolie. Non. Je ne me sentais pas non plus mieux dans ma peau (à ce moment-là un pantone plus foncée). Rien de tout ça.

Au contraire, je voyais bien qu’un truc clochait : une exposition trop prolongée même protégée par un indice UV avait tendance à violacer ma peau… Et quand certaines personnes comme ma mère, ou mon père peuvent bronzer en 2/3 jours, il me fallait plus de 2 semaines pour acquérir un hâle léger, en respectant une exposition progressive.

Ce constat m’a ouvert les yeux bien sûr, mais surtout j’ai commencé à comprendre que la nature nous a façonnés à sa manière, et qu’il vaut mieux commencer à l’accepter dès maintenant puisqu’on devra vivre avec toute sa vie ! Et au-delà de l’aspect purement esthétique d’un point de vue sociétal du bronzage (même si pour moi cela reste subjectif) qui nous est vanté à longueur de temps, je trouve ces discours particulièrement dangereux pour les jeunes femmes (et les autres !) qui se persuadent qu’il s’agit là d’un standard à adopter, vaille que vaille, et tant pis pour les dangers qui pourraient advenir plus tard… Je suis malgré tout satisfaite de voir que les points soleil ferment les uns après les autres, preuve que l’on commence à revenir, enfin, de tous ces bronzages artificiels et dangereux.

A l’inverse, je suis toujours désemparée de voir certaines filles à la peau d’ébène vouloir à tout prix blanchir leur peau pour se conformer à un standard plus occidental. Surtout quand on sait à quel point ces produits sont des bombes à retardement pour la santé…. Au final, peu importe le degré de mélanine que notre peau peut comporter, il semblerait qu’on ne soit jamais assez bien pour la société dans laquelle nous évoluons. Comme si la valeur d’une personne pouvait s’évaluer à la nuance de sa peau…

Je m’interroge donc sur ces standards assourdissants qui nous poussent à mettre en péril notre estime et notre santé pour satisfaire une société finalement si malveillante.

Quels médias, quelles personnes ont encore le droit de nous imposer la couleur de notre peau, la morphologie de notre corps, ou encore la manière dont nous nous épilons – ou pas – ? Ces règles et commandements implicites forgent des armées de jeunes femmes bourrées de complexes (mais aussi des hommes, même si on en parle moins), peu confiantes en elles et qui mettent parfois leur santé physique et mentale en danger pour répondre à des critères qu’elles n’arriveront de toute façon jamais à atteindre, tant ceux-ci sont de toute façon inextricables et paradoxaux.

En ce qui me concerne, la teinte de ma peau en fut l’un des chevaux de bataille (parmi d’autres) mais finalement, ils peuvent prendre toutes les formes possibles et imaginables. Aujourd’hui, j’ai appris à aimer cette peau claire, que je préfère d’ailleurs appeler porcelaine que 50 nuances de bidet, j’ai compris aussi que ça ne servait à rien de vouloir prendre une teinte de fond de teint plus foncée, à part pour concurrencer une Queen en phase de contouring dans Ru Paul’s Drag Race. Et moi qui détestais qu’on me parle de mes veines qui se voient au travers de ma peau, j’ai depuis compris qu’elles pouvaient être une arme de séduction.

J’ai appris à prendre soin de ma peau, à l’aimer, à ne plus m’exposer, à la bichonner comme le faisait ma grand-mère, la seule de la famille à avoir eu une peau si claire dans la famille. Je n’hésite plus maintenant également à dire fièrement que je préfère épargner ma peau et rester fraîche et pimpante sous mon palmier (plutôt que de suer et fondre au soleil), lorsque des connaissances ou collègues s’étonnent de me voir revenir trop peu bronzée (à leur goût), au retour de mes vacances.

Je me fais également suivre régulièrement par une dermatologue qui m’a elle-aussi complimentée sur ma peau et m’a confirmée ce que j’avais déjà appris : y faire très attention, ne pas m’exposer et utiliser un indice 50. C’est comme ça, et ça me va très bien ainsi.

Mon article est sans doute un peu brouillon et certainement maladroit, mais si vous ne deviez retenir qu’une chose, c’est d’arrêter de vouloir vous faire la peau, au sens propre comme au figuré. Que cela soit pour des kilos supposés en trop, une peau trop ou pas assez claire, une poitrine trop petite, ou n’importe quel autre critère qu’on vous impose implicitement, car ce n’est pas ce qui vous définit ! Je crois d’ailleurs même que la beauté précisément est dans l’acceptation de soi, elle n’est ni dans les standards, ni dans votre taux de mélanine, ni dans une taille de jeans mais bien dans ce que vous dégagez. C’est plus facile à écrire qu’à mettre en pratique, bien sûr, et c’est un vrai chemin de croix, mais croyez-moi : soyez bienveillant avec vous-même.

Aussi, je finirai cet article avec cette seule citation d’une actrice que j’aime profondément, tant sa beauté intérieure irradiait sa beauté extérieure : “Les filles heureuses sont les plus jolies“, Audrey Hepburn.