Loretta Banana

Curiosités

Frissons #1 : Le Dahlia Noir

Ah… Los Angeles, son cinéma Hollywoodien, ses paillettes, ses décors en carton-pâte et… ses étoiles du 7e art ! Et c’est précisément du vieil Hollywood et de ses starlettes dont je vais vous parler aujourd’hui, mais d’une manière un peu plus sinistre que ce à quoi vous pourriez vous attendre. (La Californie et plus précisément Los Angeles, regorgent d’histoires sordides dont je suis absolument friande, surtout si celles-ci mélangent faste d’autrefois et horreurs en tout genre.)

Si beaucoup des stars déchues, telles Marilyn Monroe ou encore Jayne Mansfield, ont trouvé la mort directement (ou tout du moins en partie) à cause de leur succès, il en est une qui a trouvé le succès dans la mort. Funeste destin, non ? Mais nous sommes à Los Angeles, et là-bas, tous les fantasmes, même les plus macabres, y sont permis.

L’HISTOIRE DU DAHLIA NOIR

La jeune femme dont je veux vous parler aujourd’hui se prénomme Elizabeth Short, et elle a été assassinée en janvier 1947 alors qu’elle n’avait que 22 ans. On la connaît plus communément sous le nom énigmatique de Dahlia Noir, pseudonyme qui lui a été donné par les habitués d’un bar de Los Angeles dans lequel elle aimait traîner, en raison de sa beauté et de ses tenues, toujours noires, ainsi que de sa chevelure habillée d’un dahlia. Un an auparavant sortait également le film Le Dahlia Bleu, et il est fort probable que l’oeuvre ait certainement dû les inspirer d’une manière ou d’une autre.

Cette femme d’une grande beauté s’était installée à Los Angeles avec l’espoir d’y trouver la gloire, en espérant, comme beaucoup des jeunes femmes de son âge, percer dans le cinéma et devenir une icône du tout Hollywood. Malheureusement pour elle, le succès est arrivé, mais seulement après sa mort, lorsqu’elle fut retrouvée mutilée dans un terrain vague d’un quartier de Los Angeles, qui n’était à l’époque pas habité (la ville est encore en construction à ce moment-là).

Loin d’être un crime ordinaire, le Dahlia Noir présente tous les éléments nécessaires à la pression médiatique : une jeune femme jolie et sauvagement assassinée : elle a été démembrée – son corps coupé en deux – vidé de son sang, lavé, et pire encore : sa bouche est entaillée d’une oreille à l’autre, l’affublant d’un ersatz de sourire démentiel, semblable à celui du Joker dans Batman.

Tous les ingrédients sont là pour hisser cet assassinat sordide en thriller morbide populaire qui, plus de 70 ans après, continue de fasciner. Et pour cause : son assassin n’a jamais été vraiment identifié. Pire : les élucubrations souvent délirantes pullulent encore aujourd’hui à son sujet, et de nombreux ouvrages n’ont cessé de voir le jour, ici et ailleurs, pour tenter de démasquer le tueur. Qu’il s’agissent de Janice Knowlton et son “Daddy Was the Black Dahlia Killer“, publié en 1995 ou Steve Hodel et son “Black Dahlia Avenger“, sorti en 2003, la conclusion reste la même : tous deux affirment, (en “oubliant” certains éléments discréditant qui viendraient contrer leur verdict) que leur père est bel et bien l’assassin du Dahlia Noir.

Mais ils sont loin d’être les seuls à divaguer en élucubrations, et de nombreux quidams un tant soit peu illuminés se sont, au fil des années, eux aussi réclamés d’être l’assassin du Dahlia Noir. Toujours est-il que ni la police, ni les services d’enquête ou même les journalistes n’ont pu percer ce secret, laissant planer le mystère du Dahlia Noir des dizaines d’années après.

Pour aborder le sujet, je vais vous parler de l’affaire sous différents prismes : un podcast, un roman, un film et une enquête.

LE PODCAST : L’affaire du Dahlia Noir dans “L’heure du Crime”

Si cette longue introduction vous a intrigué.e.s, alors je ne peux que vous conseiller de prendre 40min de votre temps pour écouter le podcast de Jacques Pradel sur le sujet. Il m’est difficile de vous raconter les détails de cette histoire ici, d’une part car certains d’entre eux sont particulièrement violents et horrifiants, mais il y a surtout beaucoup trop à dire. Ce podcast est une vraie mine d’or, tant sur l’histoire d’Elizabeth Short que sur les interviews des intervenants de l’émission : deux principales théories se font face, celle de Steve Hodel (dont je vous parlais un peu plus haut), un ancien flic américain qui accuse son père, un chirurgien haut placé, d’être le tueur du Dahlia Noir. De l’autre, c’est l’écrivain et expert criminologue Stéphane Bourgoin qui prend la parole pour défendre une autre hypothèse, celle d’un serial killer connu pour d’autres faits, tout aussi sordides.

En lisant la suite de l’article, vous constaterez que j’ai déjà ma petite opinion sur le sujet, et que c’est à mon sens cette deuxième théorie qui me semble la plus probable. Mais avant d’en discuter, je vous invite vivement à écouter le podcast pour vous familiariser avec le sujet.

LE ROMAN : Le Dahlia noir de James Ellroy

Il y a environ un an, je m’étais déjà plongée dans l’histoire du Dahlia en me consacrant à la lecture du livre de James Ellroy. Un roman noir, extrêmement haletant, lourd en rebondissements et absolument addictif. L’histoire reprend la trame principale de l’assassinat du Dahlia Noir, toutefois, l’énigme trouve finalement un assassin, ce qui, comme vous l’aurez compris, n’est pas le cas de la vie réelle. Il s’agit donc d’une fiction, qui reste néanmoins fidèle à certains détails, et dans laquelle j’ai adoré me plonger, à savoir dans un Los Angeles abyssal, sombre et angoissant. Une lecture que vous devriez ajouter à votre liste, même si elle ne reste que de la fantaisie, un produit dérivé supplémentaire à ajouter au cold case du Black Dahlia.

LE FILM : Le Dahlia Noir de Brian de Palma

C’est précisément par ce biais que j’ai été confrontée, il me semble, pour la première fois à l’histoire du Dahlia Noir. Un film noir, à l’ambiance oppressante et pourtant terriblement esthétique, signé du Maître en la matière, Brian de Palma. Je ne vais pas m’étendre en détails sur ce film car je suppose que beaucoup d’entre vous ont certainement dû déjà le voir, mais cela reste, et cela me regarde, un très bon film, malgré les critiques plutôt mitigées.

Une fois de plus, ne comptez pas sur cette oeuvre pour résoudre le mystère, elle est une adaptation pure et simple du roman dont je vous ai parlé juste au-dessus, par James Ellroy. Toutefois, je ne boude pas mon plaisir lorsque l’on me sert un Josh Hartnett affublé d’un style 40’s et que j’ai le plaisir de profiter d’un Los Angeles aussi beau que hanté par des âmes torturées.

L’ENQUÊTE : “Qui a tué le Dahlia Noir ? L’énigme enfin résolue” – Stéphane Bourgoin

Nous y voilà. C’est certainement l’un des livres les plus éprouvants mais les plus fascinants qu’il m’ait été donné de lire. Près de 500 pages d’enquête, aussi effroyables qu’addictives. J’ai réservé cette lecture à mes trajets en transport en commun, mais croyez-moi, il m’était difficile de ne pas rouvrir ce livre une fois arrivée chez moi. (Mais comme je ne tiens pas à cauchemarder de tueurs en série, j’ai préféré le laisser dans mon sac !)

Stéphane Bourgoin, si vous ne le connaissiez pas déjà, est un auteur spécialiste en criminologie, et plus particulièrement sur le sujet des tueurs en série (thème Ô combien fascinant, s’il en est). Il est aussi un enquêteur hors pair, et c’est bien ce qui ressort de cette lecture. L’écrivain a en effet une quête obsessionnelle, celle de trouver le tueur du Dahlia Noir. Fasciné depuis très longtemps, il avait déjà, il y a bien des années, rédigé un premier livre sur ce sujet. Toutefois, cette dernière enquête extrêmement (et la plus) aboutie, est le travail de vingt très longues années et le fruit de nombreuses investigations, qui mène finalement l’auteur a révélé – selon lui – l’identité du tueur.

Il passe au peigne fin toutes les théories, des plus abracadabrantes aux plus plausibles, livre les détails les plus incroyables sur l’enquête, souvent même déconcertants (notamment sur le suivi de police des plus hasardeux), et truffe le livre de photos qui illustrent son récit. Je dois toutefois vous mettre en garde : toutes sont en noir et blanc (donc visuellement moins agressives) mais certaines sont difficilement soutenables pour les âmes sensibles. (Autant vous dire que je n’osais pas regarder les gens qui avaient le malheur de profiter de ces images lors de mes lectures en métro…)

Je ne saurai vous en dire plus, car je ne compte ni vous spoiler ni vous résumer 500 pages en quelques lignes, mais à force de recoupements, de persévérance et de raisonnement logique, je dois dire que la théorie de Stéphane Bourgoin m’a convaincue. Toutefois, même si les faits sont souvent difficiles et le contenu bouleversant, l’auteur écrit avec une légèreté et une fluidité fascinante, ce qui rend la lecture, du moins sur sa forme, très facile, intelligible et rapide, en dépit de tous les détails qui y sont passés au crible.

Décortiquer autant de faits et d’éléments minutieux, les rapprocher et les étudier face à d’autres meurtres de tueurs en série a dû être un travail de titan (et je comprends mieux qu’il ait fallu tout ce temps pour retracer un crime vieux de 70 ans). Je me suis également posée de nombreuses questions sur les raisons de tout ce battage médiatique autour du Dahlia, tant d’années après. Sur ma propre fascination, même, sur ce crime sordide, et sur ce qu’elle dit sur notre société. Mais c’est un élément de plus qui restera énigmatique. Le Dahlia Noir restera pour toujours auréolé d’un voile de mystère, une réflexion que James Ellroy a su parfaitement mettre en mots. Ils seront la conclusion de cet article.

« Le Dahlia noir est un fantôme, une page blanche qui exprime nos peurs et nos désirs. Une Mona Lisa de l’après-guerre, une icône de Los Angeles. »

Dans ma bibliothèque#6 : Roaring 20’s et babydolls sous amphetamines

« Reading gives us somewhere to go when we have to stay where we are. » (Lire nous donne quelque part où aller quand nous avons à rester là où nous sommes)

Pour ce tout nouveau volet dans ma bibliothèque, je vous emmène dans ma machine à remonter le temps, tout d’abord dans le Paris qui swingue des 20’s puis de l’autre côté de l’atlantique, durant les années 50, dans le terrible monde du showbusiness ! En voiture, Simone !

Claude Izner – Le Pas Du Renard (Editions 10-18)


Voilà 1 an que cette couverture revenait sans cesse dans mes suggestions d’achats de bouquins (car même si je privilégie ma très belle et grande librairie indépendante, il m’arrive de céder, dans la précipitation, aux sirènes d’Amazon…). Puis un jour, au hasard de mes déambulations en boutique, je tombe à nouveau sur cette couverture. Je cherche justement de quoi combler ma soif de lecture, alors il m’en faut peu pour me décider !

Je l’embarque et le lis très rapidement, tant j’ai été happée par ce décor si fidèle au Paris des années 20 qui danse le fox-trot et s’encanaille dans les cabarets pour oublier la misère de la fin de la guerre. On y suit les aventures d’un jeune pianiste talentueux, Jeremy Nelson, tout droit débarqué des Etats-Unis et qui rejoint la pas si joyeuse troupe du Mi-Ka-Do, un music-hall de Belleville.

Malheureusement pour le protagoniste (mais heureusement pour nous joyeux lecteurs avides d’histoires romanesques), les choses vont vite se gâter pour l’Américain qui, au gré de ses rencontres et de sa vie Parisienne, va assister malgré lui à de mystérieuses disparitions, et le propulser dans un rouage infernal mettant sa propre vie en danger !

Ainsi donc, en plus d’être un roman historique, Le Pas du Renard est surtout une enquête parfois dure à démêler, car les protagonistes sont nombreux et il vaut mieux ne pas se laisser déconcentrer pendant sa lecture, au risque d’être totalement perdu comme je l’ai été parfois dans l’énigme ! C’en est donc parfois un peu déroutant, et on est bien content, je l’admets, d’arriver aux dernières pages pour comprendre véritablement le sens de toute cette mascarade.

Néanmoins c’est un roman que j’ai adoré lire, ne serait-ce que pour le talent d’écriture indiscutable des auteurs, deux soeurs qui utilisent le pseudonyme de Claude Izner pour signer leurs ouvrages. Si comme moi vous êtes très attaché.e.s aux vieilles expressions désuètes de Français, alors ce livre va vous régaler. J’ai ainsi pu ajouter de nombreuses expressions à mon vocabulaire (comme “charrier dans les bégonias“), ce qui fait souvent rire mon entourage et que ma mamie aurait certainement adoré. En somme, même la rédaction du livre reste fidèle à l’époque et cela relève à mon sens d’un sacré tournemain ! Bref, il me tarde de lire la suite, “La femme au serpent“.

A lire si… vous aimez bien sûr les Roaring Twenties, et surtout Paris, que vous êtes un fan de Cluedo ou d’Agatha Christie, et surtout que vous n’êtes pas effrayé.e.s par les tournures de phrases vieillotes et parfois un peu alambiquées (synonyme de charme pour ma part).


Jacqueline Susan – La Vallée des Poupées

Des années que je lorgnais sur ce titre sans pour autant jamais me le procurer. Il faut dire que La Vallée des Poupées a fait parler d’elle, ne serait-ce que par son adaptation cinématographie avec la superbe et regrettée Sharon Tate. Et chose suffisamment amusante pour que je le précise, ma délicieuse amie Yasmine me l’a justement offert en cadeau d’anniversaire, alors même que je venais de le lire ! Autant dire que cette jeune demoiselle me connait fort bien !

Je trouve d’ailleurs cette anecdote extrêmement touchante car même si La Vallée des Poupées parle avant tout du monde scintillant du show business (mais qui s’oxyde aussi vite qu’il vous engloutit), il parle aussi d’amitié entre trois femmes. Et autant vous le dire tout de go : si le roman commence au firmament de la vie de ces trois sublimes protagonistes, douées, belles comme le jour ou intelligentes (et parfois tout cela à la fois), les choses vont vite se gâter à mesure que leur réussite sociale les élève.

Critique glaçante du miroir aux alouettes qu’est le succès dans le monde du spectacle, du divertissement et de la publicité, c’est aussi une époque qui est dépeinte, celle des années 50, et la condition des femmes qui y est évoquée. Car oui, les femmes, ou les “poupées” que l’on observe avec fascination sur la couverture sont au centre du roman, mais elles se partagent la vedette avec d’autres sortes de poupées : une ribambelle de pilules, de la plus anodine à la plus dévastatrice, et elles précipiteront la chute de nos trois nymphes à succès.

En somme, j’ai adoré et dévoré ce bouquin, et en suis devenue accro le temps de ma lecture (à croire que les poupées ont fait aussi leur effet par l’écriture). Pour autant, j’en suis ressortie exténuée, fatiguée et profondément blessée (au point de laisser couler quelques larmes), tant le destin de ces trois femmes est dur à avaler – comme finissent par l’être leurs pilules. Mais je ne veux en rien vous gâcher l’histoire, tout ce que je peux vous dire c’est que ce livre est iconique, qu’il a été jugé subversif lors de sa sortie en 1966, et je peux dire que je comprends pourquoi !

A lire si… Honnêtement, vous n’avez aucune bonne raison de vous dispenser de ce livre ! D’autant que sa lecture est facilement transposable à notre époque, à cette course intenable et infernale à la célébrité sur les réseaux sociaux et à la (trop grande, à mon goût) divulgation des drogues et psychotropes. Je connais bien trop de personnes qui ont cédé aux tentations des paradis artificiels (et je ne les juge pas, mais quel gâchis malgré tout !), et que vous en fassiez partie ou pas, cette lecture provoquera sûrement quelque chose en vous !

 

Dans ma bibliothèque… #5 : Esprit, es-tu là ?

« Reading gives us somewhere to go when we have to stay where we are. » (Lire nous donne quelque part où aller quand nous avons à rester là où nous sommes)

Pour ce 5e volet dans ma bibliothèque, je vous emmène dans un univers un peu plus macabre que ce que vous avez l’habitude de voir sur ce blog, et pourtant il fait entièrement partie de moi ! Je sais bien qu’Halloween est encore loin (trop loin même), mais y-a-t-il vraiment un moment spécial pour parler fantômes et revenants ? Soyez pourtant rassuré.e.s : vous n’avez pas besoin vraiment d’y croire pour apprécier la sélection qui suit ! Par contre, je ne peux pas vous garantir que vous n’aurez pas quelques frayeurs nocturnes à la lueur de la bougie ce soir en lisant la suite !

Patricia Darré – Il y a quelqu’un dans la maison (Editions Michel Lafon)
J’ai découvert Patricia Darré via le podcast “Hondelatte Raconte” présenté par Christophe Hondelatte. Le journaliste a en effet dédié l’un de ses épisodes aux histoires surprenantes de cette medium, révélée sur le tard, puisqu’elle est initialement animatrice radio et journaliste. Je vous invite vraiment à écouter cette émission car son parcours est véritablement étonnant et a même su semer le trouble parmi les sceptiques que je connais… Sans trop vous spoiler, elle a été réveillée non pas un beau matin, mais une “belle nuit” par ce qu’elle appelle désormais sa “hiérarchie”, par le biais d’une écriture automatique (vous vous mettez à écrire sous l’impulsion d’une force autre que votre propre personne), pour l’informer qu’elle devait exploiter à partir de ce jour ses capacités extra-sensorielles.

Il ne m’aura donc pas fallu longtemps pour me décider à plonger dans son dernier ouvrage dans lequel elle revient sur plusieurs “affaires” (emprise, objet possédé, maison supposée hantée…) dont elle a été témoin et pour lesquelles elle a participé à leur résolution. Chaque histoire correspond à un chapitre ce qui rend la lecture fluide et agréable, la plume de Patricia n’y étant pas étrangère non plus, vous vous en apercevrez. Elle ponctue ses “anecdotes” (qui n’ont rien d’anecdotique, je vous le garantie) d’informations sur l’intuition, l’au-delà et d’autres considérations médiumniques.

Mon expérience personnelle sur le long terme (dont je ne souhaite pas parler ici dans le détail) m’a confortée à plusieurs reprises sur l’existence d’un au-delà, et pourtant, même avec cette croyance inébranlable, les expériences de Patricia laissent sans voix. Soyons bien clairs : je ne doute pas de sa parole (car cela m’agace quand on peut douter de la mienne sur le sujet), mais on touche vraiment à de l’incroyable. D’ailleurs, je salue Patricia, si elle venait à lire ce post, pour son courage car je ne sais pas comment je réagirais en de pareilles situations !

Pour autant, je pense que ce livre pourra parfaitement distraire des curieux ou des sceptiques, car ces petites histoires sont divertissantes et m’ont fait dresser les poils à plus d’une reprise ! Finalement, peu importe que vous y croyiez ou pas (ce livre n’a aucunement, je crois, la vocation de vous convaincre), la plume de Patricia saura vous emmener dans un monde de l’invisible pour éveiller tout du moins votre curiosité.

A lire si… vous êtes amateurs de creepypasta ou d’histoires fantomatiques, vous appréciez les histoires de revenant un peu mélancoliques, les films de poltergeist ou plus sérieusement si vous pensez qu’il se passe quelque chose “de l’autre côté” ou en êtes simplement curieux.


Erick Fearson – Le manuel du Chasseur de Fantôme 

Alors, si je peux émettre une (et la seule) critique sur ce livre, c’est son titre. Car je ne trouve pas qu’il le définisse tant que ça, bien que cet ouvrage donne toutes les clés pour aller capturer de l’ectoplasme, si vous tentiez de chasser l’ennui un dimanche dans une maison abandonnée !

Plus sérieusement, j’ai vraiment A-DO-Ré ce bouquin tant tout ce qui est évoqué l’est fait avec bon sens, rationalité (oui oui !) et pragmatisme. Erick Fearson, son auteur, est un médium et mentaliste et livre ici tout son savoir (ou ce qu’il accepte de nous livrer) sur un sujet qui fascine autant qu’il effraie. J’ai eu l’envie de lire ce livre car j’avais parcouru de nombreuses critiques très positives à son sujet, et surtout je cherchais des explications, des bribes de compréhension sur des expériences sur le long terme mais parfois plus épisodiques que j’ai vécues chez moi ou à l’extérieur, plus ou moins récemment, comme je l’expliquais plus haut, et qui me font penser qu’un monde invisible nous entoure.

Tout cet univers peut paraître bien saugrenu à certain.e.s (voire très effrayant) et je l’entends complètement, mais croyez-moi : vivre certaines expériences sans pour autant les avoir provoquées peut être parfois déroutant (et ce d’autant plus si on met en doute votre parole) ! Aujourd’hui, je n’ai absolument plus “peur” (ou presque) des fantômes, des esprits ou des âmes, appelez cela comme vous voulez, et ce livre m’y a beaucoup aidée !

Erick Fearson passe en revue de nombreux sujets, à savoir les différents types de hantises qui peuvent être rencontrées (je n’imaginais pas qu’il y en avait autant), comment celles-ci se manifestent, de quelle manière les appréhender, mais aussi comment les détecter en chasse de fantôme (c’est dans ce chapitre que vous enfilez votre attirail de Ghostbuster). Personnellement, je ne m’y suis pas amusée, mais avec le recul j’aurai beaucoup aimé lire ce bouquin à l’époque de la maison de mon enfance ^^

Who you gonna call?

D’autres thématiques sont également évoquées, notamment sur l’histoire du spiritisme, mais aussi sur les différents lieux hantés de France… Et les pages se dévorent à une vitesse fulgurante ! En somme, j’ai vraiment apprécié cette lecture et je l’ai d’autant plus savourée que son auteur prend beaucoup de pincettes sur certains événements supposés provenir de l’au-delà alors qu’il s’agit, la plupart du temps, d’un simple phénomène naturel, d’un rongeur, d’un charlatan ou juste d’un mirage de l’esprit, conditionné par un environnement propice à ce type de phénomène. (Vous pouvez être sûr.e.s que vous verrez apparaître une ombre fantomatique, fruit de votre imagination, si l’on vous plonge au coeur d’un château supposé hanté en pleine nuit !)

En somme, j’ai beaucoup aimé la rationalisation et les appuis scientifiques qui sont apportés tout au long de la lecture, sans pour autant perdre de vue que certaines choses restent du domaine de l’inconnu et ne peuvent être expliquées. Enfin, en tout cas, vous trouverez quelques clés pour mieux les comprendre !

A lire si… vous vous rêvez ghosbuster, que vous avez vécu une ou plusieurs expériences paranormales, ou simplement que cet univers vous passionne !

Pour clôturer ce post : non, je ne vous inviterai pas à un meet-up ouija ni pour faire tourner le guéridon du Phantom Manor à Disneyland Paris (quoique…), pas plus que je ne cherche à vous convaincre sur l’existence de ce monde invisible ! Pour autant, ces deux lectures m’ont semblé extrêmement riches d’enseignements et ne sont pas destinées qu’à des personnes ayant vécu une expérience avec l’au-delà. J’en parle simplement car je les ai appréciées et à titre personnel, j’estime que ce n’est pas parce que nous ne voyons pas certaines choses que celles-ci n’existent pas, et que ce monde, s’il est bien réel, a bien plus à nous offrir et nous enseigner que de le dépeindre vulgairement et de manière caricaturale comme une âme avec un drap blanc sur le visage. 

J’espère que cette incursion dans un recoin sombre de ma bibliothèque vous aura plu ! Et n’oubliez pas de regarder si rien ne se cache sous votre lit cette nuit !

Mes 5 salons de thés favoris à Paris

Gourmands, délicats et absolument réconfortants, je vous dévoile mes 5 lieux préférés où il fait bon déguster gâteaux généreux et siroter quelques tasses de thé.

Vous y trouverez donc de l’incontournable, bien sûr, mais aussi quelques adresses plus confidentielles que j’apprécie pour leur douceur, leur calme et la qualité de leur carte.

LE CLASSIQUE : Ladurée

Alors oui, je sais, difficile de faire plus classique que Ladurée. Pour autant, leurs salons restent des valeurs sûres, des petits cocons aux décors surannés qui donnent envie de s’y prélasser des après-midi entiers. Mon salon favori reste cependant celui de la Rue Royale (à deux pas de la Madeleine) qui s’étend sur deux étages à travers des salons aux ambiances différentes.

Leur carte de thé est impressionnante et délicieuse, je regrette juste que leurs pâtisseries soient parfois surgelées. Je reste cependant fidèle à l’adresse et à l’un de mes desserts préférés qui n’existe d’ailleurs que chez eux : la religieuse à la rose ! Il en existait une version délicieuse à la violette, mais par manque de popularité j’imagine, celle-ci a été escamotée, à mon grand regret, de la carte.
Mes thés préférés : Mélange Ladurée, Marie-Antoinette, Joséphine.
Ladurée
16-18 Rue Royale, 75008 Paris

L’HISTORIQUE : Angélina

Si vous passez régulièrement le samedi après-midi rue de Rivoli, peut-être avez-vous déjà vu cette file interminable qui s’étend sur plusieurs mètres devant une devanture de style Belle Epoque ? Bienvenue chez Angélina ! Il faut donc y aller très tôt, ou s’armer de patience. L’attente est infiniment plus agréable les jours de printemps ou d’été (comme actuellement) que lors d’un hiver glacial. Pourtant, le jeu en vaut la chandelle : cet endroit est une parenthèse enchantée dans le temps, aussi gourmande que magique. J’y ai toujours passé des goûters fabuleux et m’y régale à chaque fois. Le personnel est charmant et aux petits soins, et le décor des plus raffinés. Il est en effet d’époque (1903 plus exactement), signé de l’architecte Edouard-Jean Niermans, figure de l’art architectural de la Belle Epoque.

Pour ce qui est dans l’assiette, vous ne serez pas en reste : les pâtisseries sont composées autour de classiques (et notamment du classique de la Maison, le Mont-Blanc, un délice à base de crème de marrons), mais également de créations éphémères qui changent au fil des saisons. La photo que je vous propose a été faite cet hiver, aussi ce gâteau n’est plus à la carte, mais je l’ai particulièrement adoré. Vous pourrez même repartir avec un souvenir gourmand grâce à leur ravissante épicerie fine : je suis fan des étuis de leurs produits de style art nouveau et de leurs petites crêpes dentelles !

Mon thé préféré : le mélange Angélina même si je devrais plutôt vous orienter vers leur chocolat chaud iconique (que vous pouvez aussi déguster plus tard pour chez vous grâce au conditionnement en bouteille disponible à la boutique).
Angélina
226 rue de Rivoli, Paris 1er.

LE POPULAIRE : Le loir dans la théière


Un joyeux non-anniversaire, mon cher, mon cher, un joyeux non-anniversaire mon cheeerrr !
Nul doute que vous aurez fait le lien avec un conte cher à mon coeur : Alice au Pays des Merveilles ! Et peut-être vous souvenez-vous de cet incroyable goûter dans lequel Alice se retrouve, assise entre un chapelier toqué et le lièvre de Mars ? Le nom de cet établissement en plein coeur du Marais y est une référence directe, puisqu’il tire son nom du pauvre petit loir enfermé dans une théière. On y retrouve d’ailleurs une fresque dédiée au livre de Lewis Carroll à l’intérieur, ainsi qu’une décoration charmante faite de bric et de broc. L’ambiance est bon enfant, mais je vous conseille vivement d’y aller là encore très tôt ou de prévoir de l’attente, l’endroit étant très fréquenté le weekend.

A l’heure du goûter, on y déguste de succulents gâteaux maison, des tartes au citron délicieuses et je suis tombée amoureuse de leur thé maison (un mélange spécial).

Mon thé préféré : sans grande surprise, il s’agit de leur mélange spécial qui, dans mes souvenirs, a été réalisé par une maison de thé chez qui il est possible de se le procurer (le nom de la maison m’échappe malheureusement).
Le Loir dans la Théière
3 rue des Rosiers, Paris 4e

LE FAMILIAL : La Bossue

Avec son nom rigolo et son emplacement idéal en plein coeur de Montmartre, la Bossue semble être cette petite mamie si attachante qui se met aux fourneaux pour étonner les papilles et réconforter les coeurs. J’ai d’ailleurs découvert ce lieu au hasard d’une promenade, et c’est son mobilier délicieusement rétro et raffiné qui m’a fait m’y arrêter. J’y suis depuis revenue plusieurs fois et n’ai jamais, Ô grand jamais, été déçue. On s’y sent comme à la maison et surtout on y mange des douceurs faites maison qui me donnent encore maintenant l’envie de me lécher les babines !


Un comptoir est aussi disponible pour la vente à emporter. Je n’ai qu’un seul regret : que ce quartier soit aussi loin de chez moi !
Mon thé préféré : une fois n’est pas coutume, j’ai toujours savouré de délicieux cafés (dont un liégeois et sa crème gourmande à souhait), mais je suis certaine que les thés y sont aussi très bons !
La Bossue
9, rue Joseph de Maistre, Paris 18e.

LE ROYAL : Nina’s Marie Antoinette

Si votre altesse veut bien se donner la peine…
Nina’s a tout pour me plaire. Son écrin situé à deux pas de la Place Vendôme est un boudoir teinté de rose poudré, on s’installe dans de confortables chaises d’inspiration baroque ou même sur un sofa si on a de la chance ce jour-là. Le personnel est d’une gentillesse rare (la charmante dame qui y officie m’offre d’ailleurs à chaque fois des sachets de thé lorsque je m’en vais) et on s’y sent véritablement comme à la maison. L’endroit est raffiné, la carte de thé est dense mais tous ceux que j’y ai goûtés sont délicieux. Il est même possible de repartir avec l’un d’eux si on l’a vraiment apprécié.

Quant à leur pâtisserie, celle-ci est unique, vous n’aurez pas d’autre choix, mais croyez-moi : vous n’en voudrez pas d’autre une fois que vous aurez goûté leur gâteau iconique à base de pomme, de chocolat blanc et de rose. Un délice ! Les pommes, comme les roses d’ailleurs, qui parfument subtilement les créations de la Maison sont dans le potager du roi, à Versailles !

Et la référence royale ne s’arrête pas là : la Maison doit son héritage entre autres à sa Majesté Marie-Antoinette pour qui Nina’s a élaboré un thé spécial, après que celle-ci fut séduite par les différents arômes qui étaient fabriqués à l’origine par la distillerie qui a créé Nina’s. Vous l’aurez donc compris, on se sent vite comme une princesse des temps modernes chez Nina’s.

Mon thé préféré : l’iconique Marie-Antoinette et le thé des Muses.

Nina’s Paris
29 Rue Danielle Casanova, 75001 Paris

Et voilà ! J’espère que ces adresses susciteront votre curiosité, et si vous y êtes déjà allés ou que vous y allez, n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !