Loretta Banana

Curiosités

Dans ma bibliothèque #7 : féminisme & bordels

« Reading gives us somewhere to go when we have to stay where we are. »
(Lire nous donne quelque part où aller quand nous avons à rester là où nous sommes)

[ Préambule ]
Ne me demandez pas pourquoi, mais j’ai toujours ressenti un vif intérêt pour le milieu des courtisanes. Cocottes, lionnes ou grandes horizontales, peu importe la manière dont vous souhaitez les appeler, elles ont peuplé l’imaginaire collectif (et l’histoire) de leurs frasques, de leur parfum de scandale et de leur aura de mystère. On les a souvent dépeintes comme des femmes émancipées, des figures féministes tout en étant des femmes assumées. J’ai lu beaucoup d’ouvrages à leur sujet et j’ai toujours été admirative de leur détermination : La Belle Otéro, Cléo de Mérode, la Castiglione, et bien d’autres, ont souvent occupé mon imaginaire et mes lectures. (Il y avait d’ailleurs une fantastique visite proposée par un guide tout aussi fascinant au sein du célèbre établissement Maxim’s de Paris, connu pour avoir vu défiler bon nombre de Grandes Horizontales, et dans lequel avait été reconstitué un appartement de cocotte à la belle époque. J’ignore si ces visites sont toujours d’actualité, mais je vous la conseille absolument si le sujet vous fascine ainsi que l’Art Nouveau !)

C’est ainsi donc que j’ai commencé à m’intéresser davantage au milieu des bordels ou, appelons les choses telles qu’elles sont : la prostitution, mais toujours d’un point de vue historique, et jamais pour le fustiger mais pour mieux le comprendre, car il est bien souvent opposé au féminisme, une cause qui m’anime aussi énormément. Pour me faire donc ma propre opinion, j’ai voulu creuser davantage le sujet, car bien souvent les médias n’abordent qu’un seul aspect : le sensationnalisme, la victimisation et le racolage. Je pense que comme pour toute thématique, la réalité est bien plus contrastée.

Ceci étant dit, je vais rentrer davantage dans le vif du sujet et vous parler littérature, puisque c’est ce qui nous intéresse aujourd’hui.

Pour commencer, j’aimerais parler du livre le Guide historique du Paris Libertin que j’ai beaucoup apprécié, puisqu’il mélange habilement histoire et “galanterie”. On y découvre tous les lieux qui ont rythmé la vie sulfureuse des Parisiens dans les années 20, le tout ponctué de photos et d’anecdotes, et c’est fascinant ! J’ai par exemple découvert que l’appellation de “Lorette” était donnée aux jeunes élégantes vivant de leur relation avec ces messieurs – et non, je vous vois venir, mon pseudo ne vient pas de là – en partie du fait que le quartier de Notre-Dame-De-Lorette, alors en pleine construction, abritait leurs amours secrètes. 

« Je suis coquette
Je suis lorette,
Reine du jour, reine sans feu ni lieu !
Eh bien ! J’espère
Quitter la Terre
En mon hôtel… Peut-être l’hôtel-Dieu… » 

C’est dans cette optique que je souhaite vous parler de deux ouvrages que j’ai lus. Presque 100 ans les sépare (l’un est daté de 1928, l’autre de 2019) et pourtant, ils relatent tous les deux la même chose : la narration d’une jeune femme, journaliste pour la première, écrivaine pour la seconde, dans le milieu des bordels. Bien que ces deux livres n’aient rien en commun dans l’écriture et le récit, ils relèvent chacun du domaine du “reportage en immersion”.

Je vais tout d’abord vous parler du plus ancien :

Livre N°1 : Maryse Choisy – Un mois chez les filles

J’avais déjà lu ce livre il y a un moment et avais effleuré son sujet ici

Le contexte :
Maryse Choisy, journaliste et “femme du monde” comme elle aime à le rappeler à plusieurs reprises, se décide à enquêter dans le milieu très fermé de la prostitution parisienne. Rédigé en 1928 et écoulé à plus de 450 000 exemplaires, ce livre fait naturellement scandale et… couler beaucoup d’encre ! Elle endosse tour à tour le rôle de femme de chambre, de danseuse dans un bar lesbien et parvient même à s’introduire dans les dancings de la pègre, pour relater, analyser en toute discrétion les dessous d’un monde obscur et mystérieux. 

Ce que j’en ai pensé : j’ai lu à plusieurs reprises que cet ouvrage était profondément féministe, et même si je trouve l’audace et le courage de Maryse Choisy remarquables (car rappelons tout de même que ce genre de récit est risqué et totalement nouveau pour l’époque), je suis plus mitigée sur l’aspect féministe. Elle n’hésite pas à rabaisser certaines catégories de femmes dans l’optique de mieux mettre en valeur son statut de “Femme du monde”, ce qui à mon sens est éloigné de la définition de féminisme actuel comme je l’entends.

D’autre part, si vous souhaitiez des révélations choquantes, il vous faudra passer votre chemin (et plutôt vous rabattre sur le livre suivant) : certes, ses écrits ont scandalisé ses contemporains, mais d’un point de vue de personne vivant au 21e siècle, l’aspect sulfureux s’est érodé avec le temps. Hormis cela, son récit est passionnant, ponctué de réflexions personnelles intéressantes et qui permettent de s’imaginer ce que devait être la société de son temps.

J’ai aimé ressentir la passion qui l’animait en écrivant ces lignes, son ton parfois moqueur, souvent sournois, et diablement en avance pour l’époque.


 

Livre N°2 : La Maison – Emma Becker

Le contexte :
On reprend le même environnement que pour l’ouvrage précédent, mais cette fois-ci en Allemagne, au 21e siècle. On mélange le tout, et cela donne le livre La Maison d’Emma Becker. 
Cette toute jeune Française, écrivaine de son état et dont j’ignorais l’existence auparavant, réside à Berlin, en Allemagne. Pour les besoins d’un futur ouvrage (ou pour se connaître elle-même, j’aurais plutôt tendance à penser), elle décide de rejoindre une maison close légale, puisque la prostitution est acceptée et tolérée en Allemagne. 

Au travers de son roman, elle dissèque ce monde inconnu, parle de ses collègues, de ses clients, de sa vie, en somme.

Ce que j’en ai pensé :

Premier constat : 100 ans après Maryse Choisy, rien n’a vraiment changé. Faire le choix de la prostitution comme décision assumée semble préjudiciable aux yeux de la société. J’ai regardé beaucoup de reportages, écouté des podcasts traitant de son livre, et les avis semblent toujours en demi-teinte. Comme si le fait d’embrasser ce choix était inacceptable, que la société avait à valider – ou non – le bien-fondé de sa démarche. Et rien que pour ça, j’ai eu envie de la lire ! Car que cela plaise ou non, n’importe quel humain, a le droit de disposer entièrement de son corps.

Toutefois, vous dire que j’ai adoré ce livre serait un mensonge. Mais vous affirmer le contraire le serait tout autant. J’ai lu ici et là que ce récit était un hommage déguisé à la prostitution. Ce n’est pas totalement faux, mais il s’agit surtout à mon sens d’une démarche personnelle très intime, très ancrée en elle, qui bien sûr, peut choquer, puisqu’elle va totalement à contre-courant de la bienséance (feinte) que la société souhaite nous projeter. Et grand diable, vous pensez : une femme qui dispose de son corps et fait de l’argent avec ? Mais vous n’y pensez pas ! 

Bref, c’est par curiosité et féminisme que j’ai eu envie de lire son expérience. Je ne veux pas vous spoiler son récit, mais je suis loin d’avoir accroché avec tout. Et contrairement à l’ouvrage de Maryse Choisy, l’omniprésence de scènes de sexe avant même son arrivée dans la Maison dans laquelle elle travaillera est, je trouve, un peu à côté de la plaque et pas forcément utile, tout comme la banalisation de la drogue qui revient à tout bout de champs. Je comprends qu’elle ait pu en avoir “besoin” pour tenir le choc, mais c’est le fait qu’elle le banalise un peu avec nonchalance qui m’a chiffonnée.

Le tout manque, à mon goût, (car encore une fois, ce n’est que mon humble avis !), de cohérence et de structure, et j’ai parfois trouvé son ton très condescendant, voire hautain. J’avais du mal à me sentir proche d’elle et à me projeter dans son expérience à cause de cela. Néanmoins, je dois tout de même dire que j’ai été très absorbée par son récit, et que j’ai lu son livre très rapidement. Malgré mon agacement parfois, je n’arrivais pas à lâcher mon bouquin, et j’ai trouvé sa démarche courageuse et nécessaire car tout le monde n’en aurait pas été capable, et j’ai vraiment senti que cela relevait d’un désir plus personnel que la rédaction d’un livre.

Ce que j’ai aimé par-dessus tout, et c’est pour ça que je vous conseille ce livre au final, c’est son amour des femmes et du féminin. Finalement, la prostitution n’est qu’une toile de fond, et même si certains clients sont évoqués, ce sont les femmes, qui sont les héroïnes de son récit. J’ai senti une vraie cohésion entre ces femmes, une admiration aussi de leur beauté, de leur féminité. Certains passages où elle prend le temps de détailler ses collègues, leur allure, leur personnalité, sont émouvants et très beaux. Une dimension qui manque cruellement au livre de Maryse Choisy.

Enfin, je me suis retrouvée sous un aspect qui la pousse à cette expérience : sa recherche de féminité. Elle évoque sans détour son obsession pour les femmes, et plus globalement sur la recherche de féminité, dans ses yeux et dans ceux des autres, quelque chose qui m’a toujours animée, depuis toute petite. J’en parle d’ailleurs ici. Et d’une certaine manière, c’est ce qui m’a aussi poussée dans le burlesque. Alors même si je n’irai jamais vendre mes charmes dans une maison close (avouez que vous y avez cru un quart de seconde hahaha), j’ai dans un sens, compris sa démarche profonde.


Cette curiosité m’a donc tout naturellement amenée à me documenter sur ce que la prostitution voulait dire aujourd’hui. J’ai écouté de nombreux podcasts à ce sujet, dont voici ceux que je vous conseille en priorité :

– “Prostitution : ceux qui disent oui, ceux qui disent non” de Binge Audio 

– Ensuite, je vous conseille vivement “Le Putain de Podcast réalisé par Loubna, une ancienne TDS et qui, chaque mois, invite une personne travaillant dans ce milieu. On est très loin des stéréotypes véhiculés par les médias, j’ai appris énormément de choses, cela déconstruit totalement les préjugés de manière simple et humaine. C’est vraiment un contenu de grande qualité, qui devrait être écouté par tous/tes.

– Enfin, ma douce amie Maty m’a conseillée une série de 10 épisodes de podcasts produits par Nouvelles Ecoutes, intitulée “La politique des Putes”. Le thème est ici également abordé par des TDS. Je trouve ce podcast plus politiquement engagé que le précédent, mais c’est justement ce qui m’a plu, il m’a ouvert de nouvelles perspectives de pensée et d’interrogations. Beaucoup de questions sociétales y sont soulevées, car finalement on peut légitimement se demander, par extension, si la sexualisation n’est pas une forme de prostitution ? Bref, vous l’aurez compris, ce podcast est extrêmement riche et vraiment édifiant, j’ai trouvé chaque témoignage fort et extrêmement courageux.

Enfin, que l’on soit bien clair : je ne débattrai pas de savoir ici, si oui ou non, la prostitution devrait être interdite ou tolérée voire même acceptée (même si en filigrane, j’imagine que vous devez vous faire votre idée), non pas que je n’ai pas d’avis là-dessus, bien au contraire, (j’en ai un et je le crois honnête) mais plutôt de simplement vous exposer divers contenus pour enrichir votre opinion. Je n’ai de toute façon pas la prétention de balayer tous les tenants et aboutissants et il serait d’ailleurs impossible de tout faire tenir en un seul et même article qui puisse être digeste pour vous. Toutefois, il est possible que je publie d’autres articles en fonction de mes prochaines lectures (même s’il est fort probable que ceux-ci traitent de ce sujet dans l’histoire, qui est tout de même le pans qui attire le plus mon attention).

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Vous pouvez consulter les précédentes éditions de ma série “Dans ma bibliothèque” : Glamour Hollywoodien // Destins de femmes féministes // Roaring 20’s & babydolls // “Esprit es-tu là ?

Mes podcasts creepy préférés

Mes podcasts favoris #1 : les creepy ! 👻

Voilà environ trois ans que j’ai ajouté ce geste simple à ma routine, et je dois dire que je ne pourrais plus m’en passer ! Lorsque je me maquille, que je conduis ou simplement que je prends le métro et que j’ai les yeux trop fatigués pour ouvrir mon bouquin, je lance mon application Podcasts et je me laisse porter par les histoires et informations qui me sont contées.

J’en suis tellement dingue que j’ai même convertie ma maman qui régulièrement me fait des updates sur les histoires de serial killer qu’elle a écoutées (les chiens ne font pas des chats !).

“Joignez vos mains durant cette sacro-sainte écoute des podcasts les plus terrifiants de France et de Navarre !”

Alors voilà : si les sujets d’histoire, de tueurs en série, d’ectoplasmes ou de féminisme vous intéressent, alors il se pourrait bien que ma sélection vous fasse de l’œil (ou de l’oreille, hahaha). Comme j’ai beaucoup à dire à ce sujet, je vais consacrer plusieurs articles à ceux-ci. Mais pour débuter, je me devais de sélectionner mes thèmes favoris… les creepy, spooky, freaky, bref, les podcasts flippants !

Je commence donc par ceux qui ont ma préférence : les podcasts traitant de surnaturel, de serial killer ou de mystères sont de loin mes préférés ! Je me force à écouter d’autres sujets mais clairement, 70% de mes écoutes sont faites de cela.

Outre le paranormal qui est un sujet qui me fascine sans pour autant m’effrayer mais surtout auquel je crois (j’en parlais ici), j’avoue avoir un irrésistible attrait pour les histoires de tueurs. Non pas que je sois fascinée ou éblouie par leurs forfaits, loin de là, mais c’est souvent leur personnalité, leur cheminement psychologique et ce que leurs crimes révèlent sur la société de l’époque que je trouve intéressants. Alors les podcasts sont un moyen rapide de se documenter et surtout d’avoir un éclairage par des spécialistes sur des affaires qui ont secoué (parfois) les médias.


 HONDELATTE RACONTE

Grande fan de son émission télévisée devant l’Éternel, le podcast d’Hondelatte sur Europe1 s’est également glissé sur le podium de mes écoutes favorites. Le format est suffisamment long pour obtenir un niveau de détails satisfaisant et pour mieux appréhender chaque histoire, sans pour autant être trop dense. Si au départ ses épisodes se concentraient sur des récits de tueurs, les thèmes se sont peu à peu diversifiés sur des sujets d’actualité moins dramatiques (mais toutefois intéressants). Enfin, ce que je préfère et adore tout simplement, c’est le jeu d’acteur que Hondelatte utilise pour faire parler les personnages de ses histoires ! Il n’hésite pas à prendre des accents, des voix improbables, c’est parfois ridicule mais je n’y peux rien : j’en suis fan !

> S’il ne fallait en écouter qu’un :

Honnêtement ils sont tous très bons (comme la plupart des podcasts de cette liste), toutefois je vous invite à écouter celui sur les maisons hantées de la journaliste Patricia Darré qui m’a donné envie de lire son bouquin (dont je parlais aussi ici). C’est 100% paranormal et ça s’écoute un soir sans lune, caché sous son plaid !


 DISTORSION :

Mes petits Canadiens préférés ! Tout d’abord j’adore leur accent et leurs voix chaleureuses ! Ils sont drôles et attachants, et font un boulot de documentation incroyable ! Leur créneau ? Allier mystère et numérique au travers d’histoires actuelles. Ils parlent aussi bien de légendes urbaines ou d’étrangetés qui naissent sur des forums ou des chats, que de faits divers sanglants qui ont un lien avec le monde digital. Outre leur récit qui recontextualise toujours avec justesse le sujet, j’aime surtout écouter leurs théories, qu’ils détaillent avec une précision chirurgicale pour tenter de percer le mystère. Bref, je n’en loupe jamais un !

> S’il ne fallait en écouter qu’un :

Sans hésiter, je vous conseille celui sur Elisa Lâm, jeune femme disparue au sein du tristement célèbre Cecil Hotel, établissement maudit de dowtown L.A, ayant hébergé en son sein de nombreuses histoires lugubres et autres tueurs en série (je me demande même si je ne devrais pas dédier un article à ce sujet, comme je l’avais fait pour le Dahlia Noir ?). (Si vous avez vu la saison Hotel d’American Horror Story, alors vous devriez faire le lien, puisque l’établissement en est l’inspiration principale.)

La malheureuse fut retrouvée au terme de plusieurs jours dans la citerne sur le toit de l’hôtel dans des circonstances parfaitement inquiétantes, tandis que la LAPD diffusait des vidéos extraites des caméras de surveillance prises quelques jours avant dans l’ascenseur…Cette histoire m’avait perturbée à l’époque où le fait divers avait été diffusé, d’autant que je me rendais justement à L.A 2 ou 3 mois après… J’avais lu énormément d’articles traitant de cette affaire mais j’ai quand même réussi à apprendre un tas de nouvelles choses en écoutant ce podcast !

Je vous laisse l’écouter pour vous faire votre propre opinion sur ce qui a pu lui arriver (et mes commentaires restent ouverts si vous avez une théorie sur le sujet).


 L’HEURE DU CRIME

Inutile de vous faire un roman à son sujet : Jacques Pradel est un peu le spécialiste ès criminologie, et ce podcast ne fait que confirmer cette vérité ! Dans la même veine qu’Hondelatte, Pradel revient sur les événements marquants de faits divers et ses émissions sont souvent éclairées par l’analyse ou le témoignage d’invités. Cela rend les histoires riches d’anecdotes et apporte un éclairage et une profondeur à ses sujets. Ses podcasts s’écoutent très bien et font la part belle à des histoires d’assassinat plutôt qu’à des histoires surnaturelles. 

> S’il ne fallait en écouter qu’un :
Je vous avais déjà évoqué l’un de ses podcasts sur le mystère du Dahlia Noir, qui est sans conteste mon épisode préféré pour toutes les raisons évoquées dans mon article sur le sujet. Toutefois, comme je suis sympa, je vais vous en lister un autre à vous mettre sous la dent, illico presto et qui m’a conduite à la lecture d’un ouvrage fort intéressant. Cet épisode relate l’histoire du “Diable dans la Ville Blanche” (en référence au livre d’Erik Larson qu’il va aussi falloir que je lise et a priori bientôt adapté à l’écran par Scorcese et Leonardo Di Caprio !), ou en d’autres termes sur la vie et “l’oeuvre” si j’ose dire, de H.H. Holmes. 

Ce personnage haut en couleurs a sévi durant les années 1890 à Chicago et serait l’un des plus grands serial killers que ce monde ait jamais connu. Pharmacien de métier, H.H. Holmes donnait l’apparence d’un homme bien sous tous rapports, jusqu’à ce qu’il soit démasqué pour des faits d’escroquerie de grande envergure mais surtout pour avoir assassiné au moins 200 personnes dans son “hôtel”, ouvert durant l’exposition universelle de 1893. Et tenez-vous bien : son antre possédait, entre autres choses, un crématorium, une chambre à gaz et une table de dissection. Un vrai Air BnB du bonheur ! 

Si vous avez vu, une fois encore, la saison “HOTEL” d’American Horror Story, alors vous devriez faire le lien avec l’un des personnages.

Mais pour en savoir davantage, et surtout pour ne pas vous spoiler, je ne saurais trop vous conseiller que d’écouter ce podcast qui est éclairé par Alexandra Midal, autrice d’un ouvrage incroyable et que j’ai tout simplement adoré : “La manufacture du meurtre”.

Le sujet de son essai est disséqué dans l’épisode, mais globalement, pour vous faire une idée, elle met en parallèle l’essor de l’industrialisation de l’époque et tout ce qui va avec (production à la chaîne) et l’industrialisation du “meurtre”, puisque ce bon H.H. Holmes a rendu possible le meurtre à grande échelle et en a même tiré de l’argent (oui oui, je vous laisse lire/écouter pour savoir comment il s’y est pris). Ce qui au final, est encore le cas aujourd’hui avec les abattoirs (et une cause qui me tient grandement à coeur). Car oui, rappelons tout de même que les abattoirs ne sont rien d’autre que de la tuerie industrialisée.


PLEINE LUNE

En voilà une chouette découverte, tout droit venue de Suisse Romande (RTS). Déjà, je suis fan de ce concept : livrer un podcast bien flippant chaque soir de pleine lune ! A dire vrai, il est rare que je les ai écoutés au moment de leur sortie, mais le plus souvent, c’est toujours une fois que la nuit est tombée. Le format est conséquent (un peu plus d’1h environ par épisode), et je salue leur récit, toujours extrêmement bien narré, et leurs analyses excessivement fouillées. La qualité de ce podcast est impressionnante et je tenais donc à vous en parler car Anne Flament et Mickael Marquet, les deux journalistes, méritent vraiment d’être connus.

Mais rentrons dans le vif du sujet : le podcast Nuit Blanche a pour vocation de décortiquer une histoire vraie, dont les frontières touchent avec l’étrange, le mystérieux et/ou le carrément flippant. Je crois qu’à ce jour il y a environ 9 podcasts, et je n’en ai plus à me mettre sous la dent, il me va falloir attendre la prochaine pleine lune. Ahouuu !

> S’il ne fallait en écouter qu’un :
Bon, j’ai évidemment adoré celui sur le Cecil Hotel (voir plus haut) et c’est d’ailleurs grâce à ce sujet que j’ai déniché ce podcast. Mais bon, si je vous laisse avec celui-ci, vous allez dire que je ne suis que mono-sujet, que je radote et tout et tout. Mais honnêtement, j’ai adoré tous leurs podcasts, alors choisissez-en un au petit bonheur la chance, il y a fort à parier que vous ne serez pas déçus ! (Bon, sinon, vous pouvez toujours commencer par Jack l’éventreur, mais : âmes sensibles s’abstenir !💀)


LE BUREAU DES MYSTERES
Et on termine la série de ces longs podcasts par celui de Charles et Mathias, deux journalistes qui inspirent la sympathie lorsqu’on les écoute, alors même qu’ils nous narrent des choses bien terrifiantes ! Je pense qu’ils font partie des premiers podcasts flippants que j’ai écoutés, et sincèrement je ne m’en lasse pas une seconde ! Chaque épisode compile un certain nombre d’histoires qui touchent à l’étrange, le bizarre, le surnaturel et qu’ils concluent toujours avec le “degré de mystère”, à savoir si l’énigme a trouvé une réponse ou pas du tout. On ne cherche pas du surnaturel à tout prix, et c’est ce qui est cool, car au final, il y en a pour tous les goûts !

S’il ne fallait en écouter qu’un :
Là encore, difficile de n’en choisir qu’un, d’autant que, comme je vous l’expliquais, il y a plusieurs histoires par podcast, et forcément il y a plusieurs histoires dans PLUSIEURS podcasts que j’ai adorées ! Là encore, vous pouvez y aller un peu au hasard, promis, vous ne serez pas déçus ! 🤓


Cette première et donc très très longue sélection de podcasts est à présent terminée ! Je la conclue en vous invitant à prolonger le plaisir en lisant différents ouvrages : Le bureau des Mystères tout comme Distorsion ont publié leur premier livre dans lesquels vous pourrez retrouver des histoires angoissantes à vous mettre sous la canine. Je vous invite également, comme je vous le disais plus haut, à lire “La Manufacture du Meurtre” d’Alexandra Midal. Et si comme moi, vous n’en avez jamais assez : je vous conseille, dans un registre vidéo, les chaînes YouTube de Sonya Lwu et de Liv pour encore plus d’histoires angoissantes !

J’espère que cela vous aura plu et surtout n’hésitez pas à me dire si vous souhaitez plus d’articles traitant de sujets mystérieux et angoissants ! Je ne l’exploite pas encore beaucoup ici, mais ça me plairait d’en faire davantage. A bientôt et n’oubliez pas de regarder sous votre lit avant de vous coucher ce soir 👻

Mon guide Côte d’Azur (adresses food et sorties culturelles)

[Cet article est édité en plusieurs volets dont voici le premier : mes adresses food et culturelles]

Si comme moi vous prenez vos quartiers d’été sur la Côte d’Azur (dit avé l’accent) ou simplement si vous prévoyez de vous y rendre bientôt, alors ces quelques adresses devraient probablement vous intéresser ! Il faut dire que le sud de la France est un peu ma seconde maison et j’ai amassé avec les années un certain nombre de lieux qui valent le détour : entre Nice et Sainte-Maxime, vous trouverez une sélection d’endroits qui font battre mon coeur !

Restaurant intimiste végé friendly, sorties culturelles, piano-bar années 20, shopping responsable/vintage/seconde main, brocantes ou jolis lieux pour siroter un Monaco, vous trouverez tous les lieux qu’il me tarde de visiter quand j’embarque dans le Train Bleu (bon, en vrai il ne s’appelle plus du tout comme ça – c’est plutôt désormais Paris-Gare-de-lyon-Nice-ville avec une série de chiffres un peu pénible – mais le Train Bleu est son ancêtre, et il a servi de décor à l’un des romans noirs d’Agatha Christie tout comme l’appellation du restaurant historique de la Gare de Lyon à Paris, mais bref, je digresse, une fois de plus) !

👉 Allez, hop, enfilez votre chapeau et étalez bien votre crème solaire, en route pour la Cagolie !


⛱Les plus jolis endroits où flâner sans but précis :⛱
Facile de déambuler dans de jolies villes, dans le sud ! Il y en a partout ! Toutefois, si comme moi vous appréciez les petites ruelles typiques, je ne saurai que vous conseiller le vieux Nice et ses allures d’Italie, Sainte-Maxime et ses étroites rues pavées bordées de petites boutiques, ainsi que le vieux Fréjus.

Enfin, pour tous les amoureux d’Art Deco, un détour obligatoire s’impose par Nice et Cannes, où l’on peut trouver d’incroyables bâtiments Art Deco à chaque coin de rues ! (Pour rester d’ailleurs dans la thématique Art Deco et années 20, sautons à la rubrique suivante (> Réveiller ses papilles) dans laquelle je vous dévoile une adresse pour croiser le fantôme de Gatsby le magnifique !)


🍹Pour réveiller ses papilles :🍹

Siroter un Monaco à Nice 🍺 :


Un bout de Paris sur la Promenade des Anglais ? C’est désormais possible avec l’Hôtel Amour qui a posé ses bagages dans le sable de Nice avec son bar de plage “Hôtel Amour à la Plage”. La terrasse est colorée, bien protégée du soleil (une donnée importante pour moi qui suis un vrai vampire) et c’est l’endroit idéal pour un petit Monaco bien mérité après avoir arpenté les boutiques vintage. Mention spéciale pour le service qui est adorable et les canapés pour se prélasser !
[Hôtel Amour à la Plage – 47 Prom. des Anglais, 06000 Nice]

Prendre son petit déjeuner chez Dior 🥐:

Le chic non ostentatoire est pour moi le vrai chic ! Pour tout vous dire j’ai en horreur les lieux prétentieux et m’as-tu-vu et dieu sait qu’ils sont légions dans ce coin de la French Riviera. Et cela tombe bien puisque l’établissement Dior Des Lices à St Tropez est tout sauf ainsi ! Pourtant, ce n’était pas gagné vu la localisation et même si je ne suis pas une grande fan du Saint-Tropez touristique (je lui préfère les hauteurs qui sont beaucoup moins fréquentées) j’apprécie d’y passer malgré tout une demi-journée de temps en temps. En prenant le ferry tôt le matin, vous esquivez les routes encombrées mais surtout l’émeute de vacanciers venus parader sur ou devant les yachts. Et vous aurez tout loisir de déguster un café frappé dans les sièges en rotin façon tiki du Dior des Lices ! Leurs croissants sont d’ailleurs aussi délicieux que leur personnel est charmant. Bref, une adresse à ne pas rater !


[Dior Des Lices – 13 Rue François Sibilli, 83990 Saint-Tropez]

Déjeuner chic (et végétarien) Chez Bruno 🍄


Je ne vais pas y aller par quatre chemins : il s’agit d’un de mes restaurants préférés préférés préférés (comme Eva Longoria 💁‍♀). J’aime autant le cadre (un écrin de verdure qui rappelle un jardin perdu de conte de fées, mais aussi une véranda et une salle de déjeuner au mobilier Art Nouveau) que ce qui se trouve dans l’assiette. Et pour cause : leur spécialité est la truffe déclinée à toutes les sauces (et même en île flottante). Chez Bruno, les plats sont savoureux et de saison, le personnel aux petits soins, et le chef prend souvent le temps de venir présenter ses produits (il m’a même dédicacé un menu 😎). Enfin, pour ne rien gâcher : il y a un menu végétarien qui ne prend pas les végétariens pour des lapins. Le menu est, comme vous l’imaginez, assez onéreux (comptez 80 euros minimum environ), mais il vaut franchement le détour. Au final, préférez un bon et beau restaurant que des myriades d’attrapes-touristes peu recommandables qui vous coûteront aussi chers au final. Oh, et un dernier conseil : mieux vaut manger léger la veille !
[Chez Bruno – 2350 Route des Arcs, 83510 Lorgues]

Se prendre pour Zelda Fitzgerald à l’Hôtel Belles Rives 🍸


A tous les adorateurs de Fitzgerald, des années 20, d’Art Deco et de Gatsby, il y a une adresse à ne surtout pas louper : l’Hôtel Belles Rives à Juan Les Pins. C’est là-bas (en partie), qu’a séjourné le célèbre écrivain F.S Fitzgerald avec sa femme Zelda, et on y découvre même une plaque dans l’établissement lui rendant hommage (voir ci-dessous). L’époque était propice aux rêveries évanescentes sur la côte d’Azur, et bon nombre de riches Américains y posaient leurs bagages l’été. La French Riviera a été le théâtre de soirées romanesques avec les Hemingway notamment, et il se dit que Fitzgerald aurait trouvé l’inspiration pour le Great Gatsby là-bas. Nul besoin de casser votre tirelire pour espérer croiser le fantôme de Scott en réservant une nuit : un piano-bar du nom de Fizgerald vous permettra de vous plonger dans cette atmosphère si particulière le temps d’un cocktail.


[Hôtel Belles Rives – 33 Boulevard Edouard Baudoin, 06160 Juan-les-Pins]


Pour se cultiver à l’heure d’été ⚜
Cette catégorie va sonner un peu fourre-tout, et pour cause : vous y trouverez aussi bien des balades que des lieux culturels ! Je privilégie ces derniers et je ne m’attarderai pas sur les endroits naturels car bien trop souvent malmenés par les touristes, surtout à cette période de l’année.

Un tour de voiture dans les roches rouges

Si vous avez vu le film Magic in the Moonlight avec Emma Stone, vous vous souvenez probablement de la scène dans laquelle elle se trouve en voiture avec Colin Firth dans un décor de dolce vita et qu’un énorme orage éclate. Et bien c’est justement dans les roches rouges de Saint-Raphaël ! Ces reliefs aux couleurs terracotta  jalonnent la côte et la mer et on se croirait presque aux Etats-Unis ! Pour avoir fait cette route sinueuse à plusieurs reprises, je vous la conseille au coucher du soleil, c’est magique !

Une parenthèse enchantée au Château de la Napoule 🏰

Si vous me suivez sur Instagram, vous avez forcément dû voir mon post sur ce lieu magique. Je ne l’ai découvert que récemment, alors qu’il s’agit d’un pur joyau ! A mi-chemin entre la villa et une ruine, le vieux fort militaire qu’est le Château de la Napoule a subi les ravages des guerres et des révolutions, avant d’être racheté en 1917 par un couple de milliardaires Américains, artistes à leurs heures perdues. A l’entrée de la demeure (peuplée d’oeuvres d’art du mari Henry Clews), on trouve les mots “Once Upon A Time”, comme un manifeste des souvenirs fantasques dont cet endroit a été le décor. Le jardin, labellisé Jardins Remarquables, est une pure création de l’épouse, Mary, et une ode aux rêveries ! J’ai passé un moment enchanteur dans ce lieu et vous le conseille vivement.


[Château de la Napoule – 453 Avenue Henry Clews, 06210 Mandelieu-la-Napoule]

S’enivrer à Grasse 💐
Avis aux fans de mignonnettes (nom que l’on donne aux miniatures de parfum) et aux fragrances : Grasse est la ville de toutes les odeurs ! La vieille ville, en plus d’être charmante, héberge l‘Usine historique de la parfumerie Fragonard (commerciale, certes, mais toutefois très intéressante et agréable pour connaître les recettes d’un bon parfum) ainsi que le Musée international du Parfum créé en 1989. Plus historique, il est aussi extrêmement documenté et possède de nombreux flacons d’époque, un vertige pour la collectionneuse de cosmétiques anciens que je suis !
[Musée International de la Parfumerie – 2 Boulevard du Jeu de Ballon, 06130 Grasse // Usine historique Fragonard – 20 Boulevard Fragonard, 06130 Grasse]

Jouer les botanistes au Domaine du Rayol 🌿
Un de mes endroits favoris ! Ce domaine privé, appelé aussi Jardin des Méditerranées, est un espace naturel protégé sur plus de 20 hectares à la végétation luxuriante. Tous les types de flores y sont représentés (de la Méditerranée à des climats plus arides voire subtropicaux), ce qui invite vraiment au voyage, on peut même s’imaginer quelques instants aventurier en pénétrant dans l’ambiance tropicale qui y a été recréée ou explorateur botaniste, tant les jardins sont denses et étonnants. En grande amoureuse des serres (telles que celles d’Auteuil à Paris), j’ai retrouvé ce même sentiment magique au Domaine du Rayol, avec plus de liberté, sans les plafonds de verre. Mon conseil est d’y aller tôt le matin et de déjeuner dans leur tout petit restaurant qui propose des plats de saison, locaux, bio et végé friendly.
[Domaine du Rayol – Avenue des Belges, 83820 Rayol-Canadel-sur-Mer]

J’espère que ce premier voyage virtuel sur la Côte d’Azur vous aura plu et peut-être même donné l’envie d’y aller ! Si vous avez déjà testé une de ces adresses, que vous voulez m’en suggérer de nouvelles ou simplement si vous en avez ajouté une à votre carnet, dites-le moi dans les commentaires (c’est toujours agréable à lire et cela m’encourage à poster plus souvent) 💌

👉 Dans le prochain post, je vous éditerai la 2e partie du guide en vous parlant brocantes, shopping vintage et de seconde main, et beauté éthique ! 

Frissons #1 : Le Dahlia Noir

Ah… Los Angeles, son cinéma Hollywoodien, ses paillettes, ses décors en carton-pâte et… ses étoiles du 7e art ! Et c’est précisément du vieil Hollywood et de ses starlettes dont je vais vous parler aujourd’hui, mais d’une manière un peu plus sinistre que ce à quoi vous pourriez vous attendre. (La Californie et plus précisément Los Angeles, regorgent d’histoires sordides dont je suis absolument friande, surtout si celles-ci mélangent faste d’autrefois et horreurs en tout genre.)

Si beaucoup des stars déchues, telles Marilyn Monroe ou encore Jayne Mansfield, ont trouvé la mort directement (ou tout du moins en partie) à cause de leur succès, il en est une qui a trouvé le succès dans la mort. Funeste destin, non ? Mais nous sommes à Los Angeles, et là-bas, tous les fantasmes, même les plus macabres, y sont permis.

L’HISTOIRE DU DAHLIA NOIR

La jeune femme dont je veux vous parler aujourd’hui se prénomme Elizabeth Short, et elle a été assassinée en janvier 1947 alors qu’elle n’avait que 22 ans. On la connaît plus communément sous le nom énigmatique de Dahlia Noir, pseudonyme qui lui a été donné par les habitués d’un bar de Los Angeles dans lequel elle aimait traîner, en raison de sa beauté et de ses tenues, toujours noires, ainsi que de sa chevelure habillée d’un dahlia. Un an auparavant sortait également le film Le Dahlia Bleu, et il est fort probable que l’oeuvre ait certainement dû les inspirer d’une manière ou d’une autre.

Cette femme d’une grande beauté s’était installée à Los Angeles avec l’espoir d’y trouver la gloire, en espérant, comme beaucoup des jeunes femmes de son âge, percer dans le cinéma et devenir une icône du tout Hollywood. Malheureusement pour elle, le succès est arrivé, mais seulement après sa mort, lorsqu’elle fut retrouvée mutilée dans un terrain vague d’un quartier de Los Angeles, qui n’était à l’époque pas habité (la ville est encore en construction à ce moment-là).

Loin d’être un crime ordinaire, le Dahlia Noir présente tous les éléments nécessaires à la pression médiatique : une jeune femme jolie et sauvagement assassinée : elle a été démembrée – son corps coupé en deux – vidé de son sang, lavé, et pire encore : sa bouche est entaillée d’une oreille à l’autre, l’affublant d’un ersatz de sourire démentiel, semblable à celui du Joker dans Batman.

Tous les ingrédients sont là pour hisser cet assassinat sordide en thriller morbide populaire qui, plus de 70 ans après, continue de fasciner. Et pour cause : son assassin n’a jamais été vraiment identifié. Pire : les élucubrations souvent délirantes pullulent encore aujourd’hui à son sujet, et de nombreux ouvrages n’ont cessé de voir le jour, ici et ailleurs, pour tenter de démasquer le tueur. Qu’il s’agissent de Janice Knowlton et son “Daddy Was the Black Dahlia Killer“, publié en 1995 ou Steve Hodel et son “Black Dahlia Avenger“, sorti en 2003, la conclusion reste la même : tous deux affirment, (en “oubliant” certains éléments discréditant qui viendraient contrer leur verdict) que leur père est bel et bien l’assassin du Dahlia Noir.

Mais ils sont loin d’être les seuls à divaguer en élucubrations, et de nombreux quidams un tant soit peu illuminés se sont, au fil des années, eux aussi réclamés d’être l’assassin du Dahlia Noir. Toujours est-il que ni la police, ni les services d’enquête ou même les journalistes n’ont pu percer ce secret, laissant planer le mystère du Dahlia Noir des dizaines d’années après.

Pour aborder le sujet, je vais vous parler de l’affaire sous différents prismes : un podcast, un roman, un film et une enquête.

LE PODCAST : L’affaire du Dahlia Noir dans “L’heure du Crime”

Si cette longue introduction vous a intrigué.e.s, alors je ne peux que vous conseiller de prendre 40min de votre temps pour écouter le podcast de Jacques Pradel sur le sujet. Il m’est difficile de vous raconter les détails de cette histoire ici, d’une part car certains d’entre eux sont particulièrement violents et horrifiants, mais il y a surtout beaucoup trop à dire. Ce podcast est une vraie mine d’or, tant sur l’histoire d’Elizabeth Short que sur les interviews des intervenants de l’émission : deux principales théories se font face, celle de Steve Hodel (dont je vous parlais un peu plus haut), un ancien flic américain qui accuse son père, un chirurgien haut placé, d’être le tueur du Dahlia Noir. De l’autre, c’est l’écrivain et expert criminologue Stéphane Bourgoin qui prend la parole pour défendre une autre hypothèse, celle d’un serial killer connu pour d’autres faits, tout aussi sordides.

En lisant la suite de l’article, vous constaterez que j’ai déjà ma petite opinion sur le sujet, et que c’est à mon sens cette deuxième théorie qui me semble la plus probable. Mais avant d’en discuter, je vous invite vivement à écouter le podcast pour vous familiariser avec le sujet.

LE ROMAN : Le Dahlia noir de James Ellroy

Il y a environ un an, je m’étais déjà plongée dans l’histoire du Dahlia en me consacrant à la lecture du livre de James Ellroy. Un roman noir, extrêmement haletant, lourd en rebondissements et absolument addictif. L’histoire reprend la trame principale de l’assassinat du Dahlia Noir, toutefois, l’énigme trouve finalement un assassin, ce qui, comme vous l’aurez compris, n’est pas le cas de la vie réelle. Il s’agit donc d’une fiction, qui reste néanmoins fidèle à certains détails, et dans laquelle j’ai adoré me plonger, à savoir dans un Los Angeles abyssal, sombre et angoissant. Une lecture que vous devriez ajouter à votre liste, même si elle ne reste que de la fantaisie, un produit dérivé supplémentaire à ajouter au cold case du Black Dahlia.

LE FILM : Le Dahlia Noir de Brian de Palma

C’est précisément par ce biais que j’ai été confrontée, il me semble, pour la première fois à l’histoire du Dahlia Noir. Un film noir, à l’ambiance oppressante et pourtant terriblement esthétique, signé du Maître en la matière, Brian de Palma. Je ne vais pas m’étendre en détails sur ce film car je suppose que beaucoup d’entre vous ont certainement dû déjà le voir, mais cela reste, et cela me regarde, un très bon film, malgré les critiques plutôt mitigées.

Une fois de plus, ne comptez pas sur cette oeuvre pour résoudre le mystère, elle est une adaptation pure et simple du roman dont je vous ai parlé juste au-dessus, par James Ellroy. Toutefois, je ne boude pas mon plaisir lorsque l’on me sert un Josh Hartnett affublé d’un style 40’s et que j’ai le plaisir de profiter d’un Los Angeles aussi beau que hanté par des âmes torturées.

L’ENQUÊTE : “Qui a tué le Dahlia Noir ? L’énigme enfin résolue” – Stéphane Bourgoin

Nous y voilà. C’est certainement l’un des livres les plus éprouvants mais les plus fascinants qu’il m’ait été donné de lire. Près de 500 pages d’enquête, aussi effroyables qu’addictives. J’ai réservé cette lecture à mes trajets en transport en commun, mais croyez-moi, il m’était difficile de ne pas rouvrir ce livre une fois arrivée chez moi. (Mais comme je ne tiens pas à cauchemarder de tueurs en série, j’ai préféré le laisser dans mon sac !)

Stéphane Bourgoin, si vous ne le connaissiez pas déjà, est un auteur spécialiste en criminologie, et plus particulièrement sur le sujet des tueurs en série (thème Ô combien fascinant, s’il en est). Il est aussi un enquêteur hors pair, et c’est bien ce qui ressort de cette lecture. L’écrivain a en effet une quête obsessionnelle, celle de trouver le tueur du Dahlia Noir. Fasciné depuis très longtemps, il avait déjà, il y a bien des années, rédigé un premier livre sur ce sujet. Toutefois, cette dernière enquête extrêmement (et la plus) aboutie, est le travail de vingt très longues années et le fruit de nombreuses investigations, qui mène finalement l’auteur a révélé – selon lui – l’identité du tueur.

Il passe au peigne fin toutes les théories, des plus abracadabrantes aux plus plausibles, livre les détails les plus incroyables sur l’enquête, souvent même déconcertants (notamment sur le suivi de police des plus hasardeux), et truffe le livre de photos qui illustrent son récit. Je dois toutefois vous mettre en garde : toutes sont en noir et blanc (donc visuellement moins agressives) mais certaines sont difficilement soutenables pour les âmes sensibles. (Autant vous dire que je n’osais pas regarder les gens qui avaient le malheur de profiter de ces images lors de mes lectures en métro…)

Je ne saurai vous en dire plus, car je ne compte ni vous spoiler ni vous résumer 500 pages en quelques lignes, mais à force de recoupements, de persévérance et de raisonnement logique, je dois dire que la théorie de Stéphane Bourgoin m’a convaincue. Toutefois, même si les faits sont souvent difficiles et le contenu bouleversant, l’auteur écrit avec une légèreté et une fluidité fascinante, ce qui rend la lecture, du moins sur sa forme, très facile, intelligible et rapide, en dépit de tous les détails qui y sont passés au crible.

Décortiquer autant de faits et d’éléments minutieux, les rapprocher et les étudier face à d’autres meurtres de tueurs en série a dû être un travail de titan (et je comprends mieux qu’il ait fallu tout ce temps pour retracer un crime vieux de 70 ans). Je me suis également posée de nombreuses questions sur les raisons de tout ce battage médiatique autour du Dahlia, tant d’années après. Sur ma propre fascination, même, sur ce crime sordide, et sur ce qu’elle dit sur notre société. Mais c’est un élément de plus qui restera énigmatique. Le Dahlia Noir restera pour toujours auréolé d’un voile de mystère, une réflexion que James Ellroy a su parfaitement mettre en mots. Ils seront la conclusion de cet article.

« Le Dahlia noir est un fantôme, une page blanche qui exprime nos peurs et nos désirs. Une Mona Lisa de l’après-guerre, une icône de Los Angeles. »