Loretta Banana

culture

« Reading gives us somewhere to go when we have to stay where we are. » (Lire nous donne quelque part où aller quand nous avons à rester là où nous sommes)

Pour ce nouveau volet des bouquins de ma bibliothèque, j’aimerais vous parler de deux histoires radicalement différentes mais qui ont rythmé avec douceur mon mois de janvier.

Les Indomptables – Florence Colombani (Fayard)
La première n’est pas une histoire, mais plutôt 4 histoires, et vraies, qui plus est ! 4 destins de femmes qui ont peuplé les fantasmes du cinéma Hollywoodien : Lana Turner, Ava Gardner, Lena Horne et Grace Kelly. L’auteur de ce petit bijou, Florence Colombani, a su tisser un véritable roman, dans lequel s’entremêlent les biographies des 4 actrices, de manière à raconter une histoire globale, celle finalement d’actrice sous les cieux de la cité des Anges lors de l’âge d’or Hollywoodien. En dépit des paillettes et des bulles qui coulaient à flot, leur vie fut loin d’être un fleuve tranquille, et on y découvre d’ailleurs avec une certaine horreur l’envers du décor, celui du studio célèbre de la MGM, véritable “usine à stars” (et l’expression n’est pas exagérée), tenu d’une main de fer par le terrible Louis B. Mayer.

On y apprend donc beaucoup sur le milieu du cinéma de l’époque, évidemment, mais aussi sur les destins torturés de ces actrices, et notamment comment de fille presque ordinaire à l’enfance souvent difficile (pour Lana Turner et Ava Gardner en particulier), ces diamants bruts deviennent les stars que nous connaissons aujourd’hui. C’est aussi un climat qui nous est compté, celui de l’Amérique ségrégationniste, évoqué sous le prisme de la sublime Lena Horne, actrice et chanteuse de jazz Afro-Américaine, qui, malgré un racisme ambiant, se bat pour imposer sa personnalité sur le devant de la scène et sous couple mixte, qui fait polémique à l’époque. Enfin, le roman évoque la toute jeune Grace Kelly dans sa vie dissolue d’avant mariage princier et bien sûr avant qu’elle ne devienne l’actrice fétiche d’Hitchcock.

Vous l’aurez donc compris : ce roman est riche en détails, en anecdotes, et narre toutes les frasques les plus incroyables de ces quatre actrices Américaines, avec cependant une certaine bienveillance de la plume de l’auteure. L’écriture est fluide et agréable, et je dois dire que moi qui craignais de me sentir perdue parfois parmi toutes ces biographies entremêlées, j’ai été étonnée de voir à quel point tout s’imbriquait avec intelligence, sans la rigidité que peuvent avoir certaines biographies.

A lire si… Vous aimez le cinéma, l’âge d’or Hollywoodien, les années 40/50 et que vous êtes fasciné par le glamour d’autrefois ! Cette lecture m’a vraiment ravie, j’ai appris énormément de choses et j’ai ressenti beaucoup d’empathie et de fascination pour ces actrices dont certaines que je connaissais assez peu finalement et pour lesquelles j’ai désormais beaucoup de curiosité et d’admiration !

Ma seconde lecture, bien qu’un peu plus légère au départ a très vite fait de me faire couleur quelques petites larmes…

En attendant Bojangles – Olivier Bourdeaut (Folio)
Ce livre n’avait de cesse de revenir sous mes yeux, peu importe les librairies que je fréquentais. Je n’ai entendu par la suite que des critiques dithyrambiques à son sujet, et la douce folie qui semblait en émaner, sans oublier son titre en référence à Nina Simone ont finalement achevé de me convaincre.
L’histoire ? Une narration racontée par un jeune enfant qui nous emmène dans une aventure humaine et familiale : celle de ses parents, amoureux fous, et fous amoureux. Un peu trop d’ailleurs. Ils vivent dans un joyeux bazar, loufoque et complètement inattendu, ponctué d’anecdotes romanesques et touchantes, mais qui parfois me semblaient partir dans des directions que j’avais du mal à suivre, moi qui suis pourtant toujours la première à plébisciter la douce folie.

Seulement voilà : est-ce parce que j’étais moins disposée à lire ce genre de roman à ce moment-là ou est-ce parce que j’en avais entendu beaucoup trop de merveilles ? Pour moi, le charme n’a fini par opérer qu’aux 2/3 du roman, c’est à dire quand les choses finissent par se gâter un peu (et c’est peu de le dire). Mon côté drama queen, sans aucun doute. Toujours est-il que c’est précisément là, que la folie qui émane de ce livre a fini par me toucher, et m’emmener là où l’auteur semblait vouloir aller. Je ne vous révèlerai pas la fin de l’histoire, mais celle-ci m’a beaucoup touchée, à bien des égards.

A lire si… vous aimez les romans décalés, plein d’émotions et de valeurs. Il m’a rappelée d’ailleurs “L’écume des jours” du grand Boris Vian. Difficile donc de résumer ce bouquin en quelques lignes, il relève plus d’une expérience de lecture à mon sens, que je vous invite donc à essayer !

Escapade dans le temps au Musée des Arts Forains


La semaine dernière, et à l’occasion du Festival du Merveilleux qui se tenait entre fin décembre 2017 et tout début janvier 2018, je me suis rendue pour la deuxième fois et pour le plus grand bonheur de mes mirettes au Musée des Arts Forains, aux Pavillons de Bercy dans le 12e arrondissement.

Et bien que le musée n’ait pas foncièrement changé depuis ma dernière visite il y a 3 ans, la magie, elle, est aussi restée intacte. Ce lieu me fascine depuis mes sorties de jeune adulte, lorsqu’un jour, au détour d’une déambulation nocturne à bercy Village, j’ai entraperçu l’allée festive et délicieusement rétro dans laquelle semblait se dérouler une soirée privée. Curieuse et interloquée, j’ai découvert l’existence d’un lieu qui semblait figé dans le temps, regorgeant de mystères et d’histoire, et n’ai entrepris de le visiter qu’il n’y a peu de temps, finalement.

Il faut dire que le musée des Arts Forains n’est pas si aisé d’accès : il ne se visite que sur rendez-vous et votre sortie doit donc être planifiée à l’avance, et j’avoue que je n’avais jamais osé franchir le cap… Jusqu’à ce que je découvre le Festival du Merveilleux et ses journées “portes ouvertes” pendant lesquelles il est possible d’accéder au Musée sans rendez-vous préalable et au gré de son envie. Je vous conseille cependant de booker vos tickets en ligne comme je l’ai fait, ce qui vous évite de devoir faire la queue une fois arrivé. Car oui, le musée étant assez peu accessible le reste de l’année, il est facilement pris d’assaut pendant ces quelques jours ! Toutefois si vous ne pouviez pas attendre Noël prochain (ce que je comprends aisément !) alors organisez votre visite en direct avec le Musée (j’imagine que le côté plus intimiste et moins effervescent doit ajouter à la magie du lieu).

J’aimerais tenter de vous résumer cette expérience en mettant des mots sur cet endroit, mais ce musée est tellement unique qu’il me semble difficile de s’arrêter à quelques adjectifs ! Il me rappelle d’ailleurs indéniablement la saison 4 d’American Horror Story et son “Freak Show” qui se déroule dans un cirque tombé en désuétude. L’atmosphère est sensiblement la même, bien que vous ne trouverez là-bas aucun freak ni malaise, mais uniquement fantaisie, magie et artistes en tout genre ! De Phil le danseur de claquettes et ses inspirations années 20 à cette acrobate canadienne qui s’envole dans les airs à l’aide d’un cerceau ou de voiles suspendus.

Mais ce qu’il ne faut pas rater, au Musée des Arts Forains, c’est son essence même : vous y découvrirez, à travers différents salons (Salons Vénitiens, Magic Mirror dont je vous parlerai plus bas ou encore la petite ruelle transformée en jardin poétique) une collection d’objets et de manèges parfois centenaires et issus du monde forain ou du spectacle. Des trésors dépoussiérés et reprenant vie à nouveau : chevaux de bois, stands de tir d’époque, automates et carrousels offrent un spectacle d’une autre époque. Quelle surprise de voir petits et grands pédaler sur un manège de vélocipèdes d’époque, vieux de plus de 100 ans !

Mais en ce qui me concerne, l’endroit le plus magique n’est autre que le Magic Mirror. Contrairement à ce que la plupart des gens imaginent, ce salon n’est pas une galerie de glaces, mais une salle de bal itinérante des années folles, circulaire, avec du parquet au sol et habillée de plus de 600 miroirs biseautés. Ainsi, les danseurs reflétés dans le miroir tout autour de la salle donnaient l’impression qu’ils étaient encore plus nombreux qu’en réalité ! Ce lieu chargé d’histoire est un trésor du patrimoine : il n’en existe plus que 5 dans le monde !

Vous l’aurez compris, je n’aurai d’autre recommandation que de rentrer dans la danse du Musée des Arts Forains ! Et que le spectacle commence…

Musée des Arts Forains – Visite à booker en ligne ici 
53 av des Terroirs de France
75012 Paris

Dans ma bibliothèque… #2

« Reading gives us somewhere to go when we have to stay where we are. » (Lire nous donne quelque part où aller quand nous avons à rester là où nous sommes)
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Dans la continuité de mon premier article sur ma bibliothèque, je viens vous parler aujourd’hui de deux nouvelles lectures qui ont rythmé mon été (il était donc temps que je vous en fasse état !). Deux romans aux époques différentes et aux personnages diamétralement opposés mais ayant un vecteur commun : l’amour et la romance perdue.

Deux amours perdus donc, deux destins sur l’acceptation de la perte de l’être aimé et tous les souvenirs et la nostalgie qui en résultent. Pas le sujet le plus festif qui soit, mais la lecture de ces deux histoires m’a profondément touchée et soyez rassurés sur une chose (car oui, je vous vois tiquer d’ici) : nous sommes bien loin de l’histoire à l’eau de rose “cliché”. (Et puis de toute façon, j’ai horreur de ce type de mièvrerie, sauf quand il s’agit de Disney. On a tous nos faiblesses et je sais que certains d’entre vous regardent Joséphine Ange Gardien dans le secret le plus total. Alors hein.)

Grégoire Delacourt – La première chose qu’on regarde
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Peut-être en aviez-vous entendu parler au moment de sa sortie : ce livre avait fait grand bruit et entraîné son auteur dans un procès kafkaïen contre… Scarlett Johansson. En effet, la protagoniste du bouquin est décrite comme lui ressemblant trait pour trait, mais la relation avec l’actrice s’arrête ici (ou presque). Je dois admettre que je ne suis pas une grande fan de cette célébrité et trouve ce procès complètement injustifié, compte tenu du contenu du livre et de ce que ses lignes ont de flatteuses pour Scarlett Johansson.. Mais soit, ce n’est que mon humble opinion !

Opinion qui a au moins eu le mérite de m’intriguer au point de me renseigner sur ce roman, alors même que je ne suis pas non plus une fana des romans ancrés dans une réalité trop ordinaire et contemporaine (et c’est pourtant le cas ici). Piquée par la curiosité, et partant avec un lourd bagage (celui de ne pas apprécier Scarlett contrairement à ces messieurs), je décide malgré tout de m’attaquer aux premières pages…

L’histoire, bien qu’un peu abracadabrante, est racontée avec une simplicité touchante : au fin fond de la France, une jeune femme sosie de Scarlett se fait passer pour la star pour pouvoir se réfugier chez un jeune garagiste charmant (qui ressemble à Ryan Gosling, “mais en mieux”) pour fuir une réalité qu’elle ne supporte plus. De là, naît une idylle émouvante et forte entre deux écorchés vifs. Je ne vous en dis pas plus, le roman comporte de très très beaux passages, autour de l’amour et la vie en général, je me suis surprise à les relire plusieurs fois parfois. La lecture est simple mais pas ennuyeuse, mais parfois (et c’en est presque déconcertant) à la presque limite de la maladresse (notamment sur la narration du jeune homme, au tout début de l’histoire, qui y va de quelques généralités à l’égard des femmes et leurs physiques, si mes souvenirs sont bons, que j’ai trouvées un peu scabreuses).

Le livre soulève également le sujet de la célébrité étouffante et des paparazzis comme un mal de société. Pour autant, la lecture se fait très vite et m’a quand même laissée une impression globalement positive, en dépit de sa conclusion… J’ai été extrêmement déçue par la fin du roman (je ne vous dis rien pour ne pas vous enlever la surprise) que j’ai trouvé bâclée et complètement injustifiée. Difficile de pouvoir m’épancher sur le sujet sans tout vous dévoiler, aussi je me contenterai de vous conseiller sa lecture, si ces quelques lignes vous ont inspirés.

A lire si… vous cherchez un roman pour vous accompagner le temps d’un trajet en train et que vous êtes sensible aux fables modernes. Ah, et à privilégier si vous êtes plutôt team Scarlett que anti…

Iona Grey – Lettre à Stella
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Bon, je ne vais pas passer par quatre chemins : j’ai fini ce livre en pleurant à chaudes larmes. Triste de quitter les personnages qui ont rythmé ces plus de 400 pages, mais surtout incroyablement émue par une aussi belle histoire d’amour. Il me semble qu’il ne m’ait jamais été donné d’en lire de plus belle !

Comme pour “L’appartement Oublié” (qui avait fait l’objet de la 1ère édition de ces articles “Dans ma bibliothèque), le roman est articulé autour de deux héroïnes ancrées dans deux époques différentes : l’une, Jess, dans le présent, et l’autre, Stella, lors de la seconde guerre mondiale en Angleterre. Les deux protagonistes sont reliées par les lettres d’amour reçues et archivées soigneusement par Stella et que Jess découvre inopinément en se réfugiant dans une maison abandonnée après avoir fui son compagnon violent.

Le roman oscille donc en permanence entre deux époques avec brio et délicatesse, les détails de la deuxième guerre mondiale sont retranscrits à la perfection et permettent de mieux s’approprier l’histoire. Quant aux personnages, ils sont forts et travaillés de sorte qu’on a presque l’impression de les connaître.

Je ne vais pas mentir : c’est surtout le destin de Stella qui m’a particulièrement émue, éprise d’un soldat américain alors qu’elle est mariée à un révérend qui la délaisse et s’avère abject et odieux avec elle. L’histoire d’amour impossible entre le pilote Américain et cette jeune femme gracieuse et douce, est intense et lumineuse, à l’image de ce livre. Sa lecture m’a faite passer par toutes les émotions possibles et imaginables, un vrai tourbillon émotionnel, qui m’a poursuivie plusieurs jours après avoir fini les dernières pages, comme prise de la même nostalgie qui habite Stella sur la fin du livre.

Pourtant choisi un peu au hasard dans les rayons du casino de Fréjus lors de mes vacances d’été (ma vie est formidable, n’est-ce pas ?), je me félicite d’avoir sélectionné ce livre pour m’accompagner à l’ombre des palmiers. Je dois admettre que la couverture y a été aussi pour beaucoup : la jeune femme qui est photographiée ressemble énormément à ma grand-mère (dans sa jeunesse, bien sûr…), et je vous mets même en bonus, une petite photo d’elle à la fin de l’article, avec son joli maillot de pin-up ! (On ne la voit pas bien, mais j’adore cette photo.)

A lire si… Non ! A lire, un point c’est tout. Vous m’en direz des nouvelles !

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Bonne lecture !