Loretta Banana

Year: 2018

Danser sur la scène du Lido : un rêve devenu réalité !

Du haut de mon mètre 61, j’ai dansé sur les planches de l’iconique scène du lido, et réalisé un rêve que je n’osais même pas imaginer !

En effet, ce n’est un secret pour personne (ou tout du moins ceux qui me connaissent un tant soit peu) : j’ai toujours eu une obsession pour les cabarets et le music-hall, depuis petite. Cette profusion de plumes, de paillettes, de costumes incroyables et de magie a toujours eu un pouvoir hypnotique sur moi, au point que j’ai fait de cette passion quelque chose d’un peu plus concret, dont je vous parlais justement ici.

C’est donc dans cette continuité que je me suis décidée l’année passée à écumer notre patrimoine de cabarets parisiens, afin d’en connaître leurs coulisses, ou tout du moins leur revue ! Le Moulin Rouge, le Crazy Horse, le Paradis Latin, tous y sont passés, y compris le Lido, le jour de mon anniversaire. Un cadeau magique que mes parents m’ont offert et dont je n’avais pourtant pas parlé ici, alors que j’y avais passé une soirée des plus exceptionnelles !

(Le soir de mon anniversaire)

Et puis un an presque jour pour jour après avoir découvert leur sublimissime revue Paris Merveilles qui m’avait plus qu’enchantée, je me retrouve à être conviée à l’une de leur Masterclass, inédite, suite à un concours organisé par la jolie Ithaablog. Je découvre avec émerveillement qu’elle avait participé elle-même à ce moment privilégié puis trépigne en voyant qu’un concours est proposé pour y participer. Je tente le tout pour le tout et la chance me sourit : je suis sélectionnée !

Autant vous dire que je tremblais d’excitation les jours précédents l’événement, j’avais même du mal à croire que j’allais pouvoir vivre ça. Puis le jour J arrive et l’exaltation laisse place à un peu d’appréhension : vais-je être à la hauteur ? Est-ce que je vais me sentir à l’aise ? Les filles vont-elles être douces et cool ? J’ai à peine eu le temps de stresser que je me presse dans le grand et luxueux hall du Lido où je suis accueillie comme une princesse.

L’équipe est tout sourire et m’offre dès mon arrivée un tee-shirt incrusté de cristaux au nom du Lido. Cela tombe bien : j’avais justement mis pour l’occasion mon tee-shirt Lido customisé par Shourouk et que mon Doren m’avait offert pour Noël. Mais pas le temps de se perdre en rêvasserie, il est déjà l’heure d’enfiler sa tenue de danse.

 

On m’avait prévenue : se munir d’un legging et de baskets mais bien sûr je n’en fais qu’à ma tête et me pointe justement en chausson demi-pointe et body, comme j’ai l’habitude de le faire à mes cours d’éventails. Evidemment je suis la seule à avoir voulu jouer les petits rats du Lido.

Qu’importe, il faut déjà rejoindre l’impressionnante salle de la revue, qui m’avait tant émerveillée lorsque j’étais venue en spectatrice et qui là, me semble démesurément grande. Je suis hypnotisée par les chandeliers et la scène, comme les jolies autres chanceuses qui m’accompagnent pour la masterclass.

Une sacrée équipée de jolies filles, qui bougent toutes extrêmement bien et n’ont rien de débutantes : toutes ont un passé avec la danse et nous commençons à comprendre que cela va nous pousser à donner le meilleur de nous-même sur cette masterclass (spoiler alert : il valait mieux car nous avons été filmées par FR3. OUI. Moi quand je découvre l’équipe de tournage en arrivant dans la salle :).

J’avoue que même si j’adore danser, je suis sacrément époustouflée par le niveau de certaines, la précision de leurs gestes, leur souplesse et leur présence ! Mais aucune mauvaise ambiance, loin de là : toutes sont ici pour profiter, aucune compétition, juste un moment de magie entre amoureuses de la danse et du spectacle. Et ça se sent : il règne une énergie positive et une émotion qui m’ont vraiment énormément touchée et stupéfaite (dans le bon sens du terme).

Mais le clou du spectacle, ce n’est pas la scène, si incroyable soit-elle, ni les costumes (dont je vous parlerai après et avec lesquels j’ai pu danser) mais bien Alexandra, l’une des danseuses du Lido, qui a animé la masterclass, ainsi que Jane Sansby, la maîtresse de ballet.

(La salle lors du show)

Pour avoir pratiqué la danse pendant très longtemps (et si vous en avez fait, vous savez de quoi je parle), certain.e.s professeurs sont loin d’être patients et bienveillants et j’en ai même fait l’amère expérience encore récemment à un cours de barre au sol. Pour autant, ici on touche à une institution et à un niveau d’excellence, et même si nous n’étions “que” des élèves de masterclass, j’ai trouvé Alexandra et Jane d’une douceur rare.

Souriantes, elles n’étaient pas avares en compliments et nous ont stimulées avec bienveillance pendant près de 2h. Au-delà de la grâce et de la technique d’Alexandra, puis de la maîtrise et du professionnalisme de Jane, j’ai vraiment ressenti à quel point ce qu’elles faisaient était une passion, une chose viscérale qui vous intime de donner le meilleur de vous-même aux autres. J’ai tellement apprécié qu’elles puissent partager avec nous leurs conseils, qu’ils soient techniques ou pour l’attitude sur la scène, c’était inespéré de pouvoir apprendre tant de choses. (Et j’ai tenté de les appliquer lors de ma scène des Plumettes et compte bien les archiver précieusement dans mon esprit).

(Et si vous voulez tout savoir, entre nous, être une Bluebell girl (nom donné aux chorus girls du Lido) c’est un vrai art qui n’en a pas l’air, mais qui est tout sauf évident. Je peux vous dire qu’avoir l’air glamour sans y toucher, c’est beaucoup de maîtrise et de technique !)

Un de mes tableaux préférés du show

Comme je le soulignais plus haut, cette Masterclass (qui n’a eu lieu que deux fois donc mais qui pourrait peut-être être renouvelée) a été filmée du début à la fin par une équipe de FR3. Autant vous dire donc qu’entre l’appropriation de l’espace scénique, l’intégration des chorés, auxquelles il faut ajouter de la grâce et de l’élégance, tout cela en étant filmée par une caméra : cela n’avait rien de si évident pour moi (et les filles). Mais c’était une vraie belle expérience, aussi incroyable qu’inédite.

Nous avons donc également appris à descendre les vertigineux escaliers de la scène comme de véritables chorus girls, exécuté un cancan endiablé (la danse de cabaret la plus éprouvante qui soit) avec les jupes des danseuses, et enchaîné un bout de chorégraphie de la revue avec un costume de scène fait de plumes et de fleurs (hiiiiiii).

Autant ce dernier élément était d’une légèreté absolue malgré son allure imposante, autant la jupe de cancan est aussi sublime qu’elle est un fardeau pour danser. Imaginez déjà à quel point une simple choré peut vous donner chaud, et ajoutez-y une jupe longue, excessivement lourde et… entièrement doublée de plumes, qu’il faut régulièrement soulever et faire passer au-dessus de sa tête, si l’on veut faire correctement honneur à la mémoire de La Goulue.

(ça a l’air si simple vu d’ici ! haha)

En bref : les danseuses du Lido sont de vraies athlètes, au cas où vous en douteriez encore, doublées de filles sublimes. (Je me suis sentie si petite à côté d’Alexandra et son mètre 75 largement dépassé – un critère que je suis loin d’atteindre ha ha ha).

Et je pense que vous l’aurez compris, mais je suis sortie de cet après-midi magique avec les yeux remplis de paillettes, le coeur gonflé de passion et d’exaltation, à l’image des autres filles vivant le rêve.

J’espère que ce (long) article vous aura donné envie d’assister à Paris Merveilles (ce que j’espère) et en attendant vous pouvez jeter un oeil au reportage de FR3 (dans lequel on ne me voit pas trop, mais ce n’est pas plus mal ).

Je remercie encore sincèrement Ithaa pour m’avoir permis de réaliser un rêve qui n’en était pas un tant il est en réalité inaccessible mais aussi et surtout l’équipe du Lido qui vraiment a été accueillante et adorable avec nous. Sans oublier Alexandra et Jane qui ont un peu plus fait scintiller le Lido dans mon coeur. Je suis vraiment reconnaissante d’avoir pu vivre un tel moment, qui restera pendant longtemps dans ma mémoire.

“Do you suppose she’s a wildflower?”

Croyez-vous que ce soit une fleur sauvage ?” C’est la première réplique qui m’est venue en tête en triant les photos de cet article ! Cette phrase est issue d’un de mes dessins animés et livres préférés, “Alice au pays des Merveilles”, lorsque les petites pestes de fleurs examinent Alice sous toutes les coutures. J’adore ce passage, et les jolis tournesols de ma robe ainsi que le cadre champêtre de ce shooting m’y ont fait penser. 

J’ai vraiment eu un coup de coeur pour cette fluide et légère robe d’été en coton, rétro ce qu’il faut avec son adorable coupe années 50, son décolleté en V et le détail des boutons qui sont vraiment délicats. Elle est issue de la collection été de la marque Dancing Days trouvée sur le site de Top Vintage, un de mes sites préférés, qui me l’a offerte pour l’occasion et dont je vous avais déjà parlé juste ici.

J’adore leur sélection de marques et leurs produits, car j’avoue que le style rétro n’est pas tellement répandu ici en France, alors c’est vraiment un bonheur de pouvoir trouver ce genre de merveilles à portée de clics. Bien que j’adore shopper en boutique vintage, souvent la taille n’est pas bonne ou un petit truc cloche, donc Top Vintage est une super alternative en ce qui me concerne !

Enfin, j’ai vraiment adoré shooter ce look avec une fille que j’adore et qui a un univers aussi riche que super esthétique (on a pas mal de passions en commun, dont Violet Chachki, les roaring twenties et Disneyland Paris haha), j’ai nommé la pétillante Sillykat. Merci à elle pour sa patience et ses photos faites dans la bonne humeur et un soleil de plomb 

Je porte…
Une robe Dancing Days de chez TOP VINTAGE*
Une ceinture vintage
Des boucles d’oreilles “banane” ASOS
Des bracelets vintage
Un sac banane que j’ai chapardé à ma copine Anne-chat
Des bas couture WHAT KATIE DID
Des salomés SAN MARINA
Une barrette ATELIERS CLARA
Des lunettes en forme de coeur TOP VINTAGE*
Un éventail vintage

J’espère que ces photos estivales vous auront plu, elles m’ont valu quelques ampoules aux pieds (on a parcouru 7km en talons !!) et je me permets de vous rappeler que je serai sur scène jeudi 5 juillet au Théâtre Clavel avec les Plumettes. Venez nous voir et surtout dites-le moi si vous êtes dans le public ! 

*produit offert

Dans ma bibliothèque… #5 : Esprit, es-tu là ?

« Reading gives us somewhere to go when we have to stay where we are. » (Lire nous donne quelque part où aller quand nous avons à rester là où nous sommes)

Pour ce 5e volet dans ma bibliothèque, je vous emmène dans un univers un peu plus macabre que ce que vous avez l’habitude de voir sur ce blog, et pourtant il fait entièrement partie de moi ! Je sais bien qu’Halloween est encore loin (trop loin même), mais y-a-t-il vraiment un moment spécial pour parler fantômes et revenants ? Soyez pourtant rassuré.e.s : vous n’avez pas besoin vraiment d’y croire pour apprécier la sélection qui suit ! Par contre, je ne peux pas vous garantir que vous n’aurez pas quelques frayeurs nocturnes à la lueur de la bougie ce soir en lisant la suite !

Patricia Darré – Il y a quelqu’un dans la maison (Editions Michel Lafon)
J’ai découvert Patricia Darré via le podcast “Hondelatte Raconte” présenté par Christophe Hondelatte. Le journaliste a en effet dédié l’un de ses épisodes aux histoires surprenantes de cette medium, révélée sur le tard, puisqu’elle est initialement animatrice radio et journaliste. Je vous invite vraiment à écouter cette émission car son parcours est véritablement étonnant et a même su semer le trouble parmi les sceptiques que je connais… Sans trop vous spoiler, elle a été réveillée non pas un beau matin, mais une “belle nuit” par ce qu’elle appelle désormais sa “hiérarchie”, par le biais d’une écriture automatique (vous vous mettez à écrire sous l’impulsion d’une force autre que votre propre personne), pour l’informer qu’elle devait exploiter à partir de ce jour ses capacités extra-sensorielles.

Il ne m’aura donc pas fallu longtemps pour me décider à plonger dans son dernier ouvrage dans lequel elle revient sur plusieurs “affaires” (emprise, objet possédé, maison supposée hantée…) dont elle a été témoin et pour lesquelles elle a participé à leur résolution. Chaque histoire correspond à un chapitre ce qui rend la lecture fluide et agréable, la plume de Patricia n’y étant pas étrangère non plus, vous vous en apercevrez. Elle ponctue ses “anecdotes” (qui n’ont rien d’anecdotique, je vous le garantie) d’informations sur l’intuition, l’au-delà et d’autres considérations médiumniques.

Mon expérience personnelle sur le long terme (dont je ne souhaite pas parler ici dans le détail) m’a confortée à plusieurs reprises sur l’existence d’un au-delà, et pourtant, même avec cette croyance inébranlable, les expériences de Patricia laissent sans voix. Soyons bien clairs : je ne doute pas de sa parole (car cela m’agace quand on peut douter de la mienne sur le sujet), mais on touche vraiment à de l’incroyable. D’ailleurs, je salue Patricia, si elle venait à lire ce post, pour son courage car je ne sais pas comment je réagirais en de pareilles situations !

Pour autant, je pense que ce livre pourra parfaitement distraire des curieux ou des sceptiques, car ces petites histoires sont divertissantes et m’ont fait dresser les poils à plus d’une reprise ! Finalement, peu importe que vous y croyiez ou pas (ce livre n’a aucunement, je crois, la vocation de vous convaincre), la plume de Patricia saura vous emmener dans un monde de l’invisible pour éveiller tout du moins votre curiosité.

A lire si… vous êtes amateurs de creepypasta ou d’histoires fantomatiques, vous appréciez les histoires de revenant un peu mélancoliques, les films de poltergeist ou plus sérieusement si vous pensez qu’il se passe quelque chose “de l’autre côté” ou en êtes simplement curieux.


Erick Fearson – Le manuel du Chasseur de Fantôme 

Alors, si je peux émettre une (et la seule) critique sur ce livre, c’est son titre. Car je ne trouve pas qu’il le définisse tant que ça, bien que cet ouvrage donne toutes les clés pour aller capturer de l’ectoplasme, si vous tentiez de chasser l’ennui un dimanche dans une maison abandonnée !

Plus sérieusement, j’ai vraiment A-DO-Ré ce bouquin tant tout ce qui est évoqué l’est fait avec bon sens, rationalité (oui oui !) et pragmatisme. Erick Fearson, son auteur, est un médium et mentaliste et livre ici tout son savoir (ou ce qu’il accepte de nous livrer) sur un sujet qui fascine autant qu’il effraie. J’ai eu l’envie de lire ce livre car j’avais parcouru de nombreuses critiques très positives à son sujet, et surtout je cherchais des explications, des bribes de compréhension sur des expériences sur le long terme mais parfois plus épisodiques que j’ai vécues chez moi ou à l’extérieur, plus ou moins récemment, comme je l’expliquais plus haut, et qui me font penser qu’un monde invisible nous entoure.

Tout cet univers peut paraître bien saugrenu à certain.e.s (voire très effrayant) et je l’entends complètement, mais croyez-moi : vivre certaines expériences sans pour autant les avoir provoquées peut être parfois déroutant (et ce d’autant plus si on met en doute votre parole) ! Aujourd’hui, je n’ai absolument plus “peur” (ou presque) des fantômes, des esprits ou des âmes, appelez cela comme vous voulez, et ce livre m’y a beaucoup aidée !

Erick Fearson passe en revue de nombreux sujets, à savoir les différents types de hantises qui peuvent être rencontrées (je n’imaginais pas qu’il y en avait autant), comment celles-ci se manifestent, de quelle manière les appréhender, mais aussi comment les détecter en chasse de fantôme (c’est dans ce chapitre que vous enfilez votre attirail de Ghostbuster). Personnellement, je ne m’y suis pas amusée, mais avec le recul j’aurai beaucoup aimé lire ce bouquin à l’époque de la maison de mon enfance ^^

Who you gonna call?

D’autres thématiques sont également évoquées, notamment sur l’histoire du spiritisme, mais aussi sur les différents lieux hantés de France… Et les pages se dévorent à une vitesse fulgurante ! En somme, j’ai vraiment apprécié cette lecture et je l’ai d’autant plus savourée que son auteur prend beaucoup de pincettes sur certains événements supposés provenir de l’au-delà alors qu’il s’agit, la plupart du temps, d’un simple phénomène naturel, d’un rongeur, d’un charlatan ou juste d’un mirage de l’esprit, conditionné par un environnement propice à ce type de phénomène. (Vous pouvez être sûr.e.s que vous verrez apparaître une ombre fantomatique, fruit de votre imagination, si l’on vous plonge au coeur d’un château supposé hanté en pleine nuit !)

En somme, j’ai beaucoup aimé la rationalisation et les appuis scientifiques qui sont apportés tout au long de la lecture, sans pour autant perdre de vue que certaines choses restent du domaine de l’inconnu et ne peuvent être expliquées. Enfin, en tout cas, vous trouverez quelques clés pour mieux les comprendre !

A lire si… vous vous rêvez ghosbuster, que vous avez vécu une ou plusieurs expériences paranormales, ou simplement que cet univers vous passionne !

Pour clôturer ce post : non, je ne vous inviterai pas à un meet-up ouija ni pour faire tourner le guéridon du Phantom Manor à Disneyland Paris (quoique…), pas plus que je ne cherche à vous convaincre sur l’existence de ce monde invisible ! Pour autant, ces deux lectures m’ont semblé extrêmement riches d’enseignements et ne sont pas destinées qu’à des personnes ayant vécu une expérience avec l’au-delà. J’en parle simplement car je les ai appréciées et à titre personnel, j’estime que ce n’est pas parce que nous ne voyons pas certaines choses que celles-ci n’existent pas, et que ce monde, s’il est bien réel, a bien plus à nous offrir et nous enseigner que de le dépeindre vulgairement et de manière caricaturale comme une âme avec un drap blanc sur le visage. 

J’espère que cette incursion dans un recoin sombre de ma bibliothèque vous aura plu ! Et n’oubliez pas de regarder si rien ne se cache sous votre lit cette nuit !

Ce que le Burlesque m’a appris sur moi

(Mon premier solo lors des Plumettes en juin 2017 !) – Photo : geq_photography

[Edit du 11/06 : j’ai ajouté/modifié quelques petites choses sur ce post grâce aux lumières de ma copine de plumes, Loulou Champagne, qui est une vraie encyclopédie du Burlesque !]

ça n’aura échappé à personne si vous pointez votre museau sur ce blog ou : je m’adonne à une passion ô combien connotée glamour : le “Burlesque” ! Si cet univers est très connu dans le nord de l’Europe et aux Etats-Unis, il est assez peu répandu en France, ce qui est un comble quand on sait que Paris est le berceau du music-hall et du cabaret ! Aujourd’hui, ce monde serait presque même connoté kitsch et uniquement destiné aux touristes venus s’encanailler au Moulin-Rouge (j’avais d’ailleurs écrit sur ce lieu iconique de la culture Française juste ici) alors qu’il est riche de diversité, de féminité (et même de “boylesque” = d’hommes pratiquant le burlesque) et de tolérance.

En somme, à part évoquer Dita Von Teese, très peu de gens me semblent réellement informés sur le Burlesque dans sa forme dite actuelle (en tout cas c’est ce que j’ai constaté de par mon humble expérience). Beaucoup de ces personnes s’imaginaient d’ailleurs des femmes faisant tournoyer leurs pasties en faisant des moues suggestives, ce qui est à mon sens, juste une facette de ce qu’est le Burlesque à proprement parler. (Et la direction vous remercie de ne pas citer le film de Christina Aguilera et Cher. En vous remerciant.)

Loin de moi l’idée de vous faire un historique détaillé sur ce monde de paillettes et de glamour car un article ne suffirait pas je peux vous l’assurer, mais ce que je peux vous dire, c’est qu’il y autant de genre de Burlesque qu’il y a de filles (et de garçons) ! J’en veux pour preuve le cours de la délicieuse Vivi Valentine, chez qui je fais mes armes (à plumes), qui est composé de femmes aux univers extrêmement éclectiques et complémentaires. Et sur scène, c’est à peu près pareil.

Alors bien sûr, initialement c’est une danse du corps qui s’articule autour de l’effeuillage et de l’art de se dévêtir avec une certaine élégance et un glamour piquant, la nudité n’étant en aucun cas la finalité. Non, ce qui compte vraiment, c’est la manière d’y parvenir, en s’appropriant une histoire, une chorégraphie, un costume et un personnage que l’on décide de faire vivre sur scène.

Il suffit de se renseigner sur certaines des pionnières du style, comme Mata Hari, ou la Française Blanche Cavelli, considérée comme la 1ère vraie “effeuilleuse” Burlesque qui s’est notamment produite au Divan du Monde à Paris le 3 mars 1894 pour la première fois (comme quoi nous sommes vraiment en France dans le berceau de cet univers). Dans un style encore différent et plus proche de mes inspirations, contemplez la gracieuse Sally Rand (ci-dessous) et ses délicats mouvements de cygne lorsqu’elle danse nue, cachée derrière ses éventails, manifeste de l’élégance que peut revêtir cet art de la scène.

Alors j’en vois arriver avec leurs gros sabots, dont le poil se hérisse en lisant tout cela et qui auraient vite fait de raccourcir ça à du “strip-tease” (même s’il s’agit en quelque sorte de la “mamie du strip-tease”) : venez donc traîner vos souliers du dimanche dans un show et faites-vous votre propre opinion !  Croyez-le ou non, mais le public principal de ce genre de spectacle est majoritairement composé de femmes, et ceci pour la même raison qui m’a faite tomber amoureuse de cet univers : la grâce, les costumes, la poésie qui se dégage de certains numéros et surtout l’affirmation du corps féminin.

Les femmes y montrent leur corps tel qu’il est, sans diktat – ou en tout cas montrent ce qu’elles décident vouloir montrer où et quand elles le souhaitent -, se l’approprient et le revendiquent, comme un étendard dans cette société schizophrène qui trouve plus dérangeant de dévoiler un bout de poitrine sur Instagram qu’un chasseur posant devant des animaux ensanglantés, mais passons, je m’égare. En somme, si je devais résumer le propos, le burlesque serait, aujourd’hui, une certaine forme de féminisme où se mêlent joie de vivre et paillettes.

Remis au goût du jour dans les années 50 avant de retomber en désuétude, on doit son retour de grâce notamment au Velvet Hammer dans les 90’s, puis à Dita Von Teese (formée elle-même par Catherine D’lish qui fait partie du revival) qui finit de le populariser et à qui je voue d’ailleurs un culte toujours plus grandissant, tant son monde sait allier un glamour assumé, une sensualité qui joue parfois même avec des codes plus “extrêmes” comme le Fetish, sans jamais tomber dans la vulgarité.

Certain.e.s artistes Burlesque pourtant aiment jouer avec des codes plus trash, plus identitaires, souvent d’ailleurs pour critiquer un pan de la société et ne recherchent pas forcément cet esthétisme raffiné qui pour moi, est en revanche l’essence même de ma fascination pour cet univers. Mais ça, encore une fois, c’est totalement subjectif et j’apprécie toujours de voir des artistes sur scène, même si leurs inspirations sont très éloignées des miennes, car ce qui compte au final, c’est bien l’histoire que l’on raconte, et l’énergie que l’on dégage.

Mais comment en suis-je arrivée là ? (Car finalement c’était un peu le sujet de mon post, et je suis tombée dans des digressions, car ce sujet est si passionnant que je pourrais disserter des heures.)

Tout d’abord, je suis loin d’être une danseuse professionnelle et je n’oserai jamais me qualifier d’artiste burlesque, car je suis encore, je l’estime, en apprentissage. Pourtant, ce désir veille au plus profond de moi depuis toujours. Et j’ai presque mal au coeur de me dire qu’il m’aura fallu autant de temps pour le faire éclore…

J’ai toujours adoré la danse, je pratiquais du modern jazz et du classique depuis mes 8 ans, je rêvais d’être professeure de danse, mais j’ai un peu mis ça de côté, pensant que de toute façon, ça n’était pas pour moi (les barrières qu’on s’auto-dresse…). Pourtant, à chaque fois que je montais sur scène dès mon plus jeune âge, je ressentais ce picotement indescriptible, quelque chose que rien d’autre ne pouvait me faire ressentir. Quelque chose qui fige l’espace temps et vous ancre dans le moment présent.

Puis plus tard, j’ai découvert le Burlesque. Ce monde me semblait si proche et pourtant si lointain. C’est un peu comme si j’en avais fait partie depuis toujours, comme si j’y étais connectée, alors même que je n’avais jamais osé le pratiquer. Je le regardais justement “de loin”. Je n’osais même pas songer que je puisse en faire partie un jour, alors même que le cabaret m’avait toujours fascinée.

Et puis il y a eu ma première vraie soirée Burlesque il y a bien 8 ans de cela. Je me rappelle avoir affronté un rhume horrible pour me rendre à l’une des soirées de Chloe Van Paris à la Nouvelle Eve, qui réalisait de renversantes fêtes où se produisaient des artistes extrêmement inspirants. C’était ma première “vraie” découverte de cet univers. Et c’est un peu comme si j’étais tombée dans le terrier du lapin d’Alice.

C’est là que j’ai vu pour la première fois Vicky Butterfly dont la poésie et la grâce céleste m’ont subjuguée. Depuis ce soir-là, le Burlesque ne m’a plus quittée. Et pourtant, il m’aura fallu des années avant de me lancer.

Dès que je voyais qu’un spectacle avait lieu, ou même lorsque je partais à l’étranger, je veillais sur le sujet, j’avais envie de me faufiler comme une petite souris pour voir ce monde qui ne m’appartenait pas mais me faisait secrètement rêver. Je regardais des vidéos sur YouTube, suivais quelques unes de ces artistes sur leurs réseaux sociaux… Et puis des écoles ont commencé à éclore à Paris, des cours d’effeuillage ont vu le jour. Je me renseignais, hésitais à m’y rendre, par peur mais aussi parce que quelque chose clochait à chaque fois. L’univers. C’était toujours un peu “trop”, ou pas assez. Je n’arrivais pas à m’identifier totalement à ce qui semblait se dérouler dans ces cours. Je ne dis pas qu’ils ne sont pas bien ou qu’ils manquent de quoique ce soit, seulement qu’ils ne correspondaient pas à l’idée même du Burlesque que j’avais envie de faire. Et puis il y a 2 ou 3 ans peut-être, au détour d’Instagram, je tombe sur une photo de jeunes femmes entourées de plumes virevoltantes. Je comprends qu’il s’agit d’un cours, et pas de n’importe lequel : d’un cours de danse d’éventails ! Mon sang ne fait qu’un tour : tout colle absolument à l’idée du Burlesque que je me fais : quelque chose de délicat, d’élégant, de glamour et d’espiègle, portée par une professeure, Vivi Valentine, qui est aussi une artiste Burlesque qui se produit mondialement et dont l’univers me semble immédiatement aussi glamour que fascinant.

A la rentrée suivante (car j’ai découvert ce cours pendant l’été sur Instagram), je me décide ENFIN à pousser les portes du cours. Et passé l’appréhension, mes craintes s’envolent pour laisser place à un monde de beauté et de grâce surannée. Les filles du cours sont toutes différentes, de par leur morphologie, leurs inspirations ou même leur couleur de peau, et tout cela offre un spectacle de douceur et de féminité. Je comprends que j’ai peut-être, moi aussi, ma place ici.

Ce cours devient bientôt un repère de mon quotidien, m’offre une liberté créative, une escapade de grâce à un moment où j’en avais vraiment besoin, où certaines choses ne se déroulaient pas forcément comme je le voulais tant dans ma vie professionnelle que dans ma vie personnelle. Pourtant, ce cours a été salvateur, il m’a remis le pied à l’étrier de la danse, et surtout m’a rappelée que j’avais un rêve et que je devais le poursuivre. Et ce qui me frappait, c’est que même après une journée éreintante, la motivation me manquait parfois pour m’y rendre. Je me forçais et en ressortait comme vivante et rechargée pour les jours suivants.

Deux années après l’avoir rejoint, je m’apprête à bientôt remonter sur scène avec les Plumettes (notre petit nom de troupe, en référence aux plumes qui ponctuent chacun de nos numéros) pour un spectacle composé de chorégraphies en groupes et de solos, dont mon premier vrai numéro. Une vraie épopée, car j’ai beaucoup travaillé pour imaginer une histoire qui me ressemble, fait de nombreuses recherches pour un costume adéquat, et aussi laissé mon “personnage” de Loretta Banana éclore pour finalement prendre vie sur scène. Aujourd’hui, je sais que ce cours m’a permis de rendre mon rêve concret, même si je sais qu’il me reste encore beaucoup à faire pour arriver à l’objectif que je me suis fixé. J’aurai aimé que quelqu’un me dise, à l’époque où je ne m’en croyais pas capable, que tout ça pouvait arriver si j’en avais vraiment envie et que je me faisais suffisamment confiance. Nous sommes les seul.e.s à pouvoir influencer sur notre destinée, alors ne nous gâchons pas nos chances nous-mêmes : si vous avez un rêve, foncez et n’écoutez que vous ! Faites-vous confiance. Personne ne peut vous empêcher d’accomplir ou au moins d’essayer si ce n’est vous-même. (Et si quelqu’un d’extérieur essaie de vous dissuader, dites-lui ceci ou chantez-lui cela).

J’espère sincèrement que ce post vous aura plu, il est vraiment personnel mais je trouvais qu’il était intéressant de partager ces impressions avec vous, je n’imagine pas ce que j’aurai pu manquer à l’idée de ne pas oser et c’est vraiment le message que je souhaite vous faire passer, quelque soit l’envie qui vous anime.

Et puis, si vous êtes dans le coin, sachez que vous pouvez venir nous voir sur scène, les Plumettes et moi, le 5 juillet à 20h30 au Théâtre Clavel